Lassaad Ben Ahmed
03 Décembre 2018•Mise à jour: 04 Décembre 2018
AA / France / Fawzia Azzouz
Le gouvernement français organisera un débat, mercredi, à l’Assemblée nationale et jeudi au Sénat pour écouter les points de vue des groupes parlementaires sur la crise des gilets jaunes, a indiqué Matignon dans un communiqué publié lundi.
Le premier ministre Édouard Philippe recevra, en amont, les « membres du collectif des Gilets Jaunes ayant sollicité un rendez-vous », mardi, pour un échange.
La France se trouve face à une crise politique majeure depuis le 17 novembre, date de lancement des blocages par les « gilets jaunes ».
« Mercredi à l’Assemblée nationale, jeudi au Sénat, le Gouvernement proposera la tenue d’un débat, en application de l’article 50-1 de la Constitution», a annoncé Matignon dans son communiqué.
L’institution indique, par ailleurs, que : « à la demande du président de la République, et suite aux événements survenus dans la journée de samedi, le Premier ministre engage, dès aujourd’hui, la consultation des groupes et partis politiques représentés au Parlement ».
Édouard Philippe doit recevoir tout au long de la journée de lundi, les responsables des partis politiques et groupes parlementaires.
Le gouvernement explique que « l’ensemble des consultations, ainsi que celles ayant eu lieu la semaine dernière, conduiront le Premier ministre à annoncer les mesures destinées à permettre le déroulement serein de la concertation décentralisée souhaitée par le président de la République, et à assurer le maintien de l’ordre et le respect de la loi».
Les réactions politiques ont été nombreuses dans les dernières heures.
Le député La France Insoumise François Ruffin a demandé dimanche à l’antenne de BFMTV, «la démission du président Macron avant qu’il ne rende le peuple fou de rage ».
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a de son côté écrit sur son compte Twitter « les Français sont aujourd’hui humiliés de ne pas être écoutés. Combien de samedis noirs ? Combien de morts ? Le gouvernement n’a pas été à la hauteur de la situation ».
Le chef de file de droite, Les Républicains, Laurent Wauquiez a réclamé dimanche la tenue d’un référendum sur la hausse de la fiscalité écologique.
Pour Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, cette sortie de crise ne peut se faire qu’en « retournant vers aux urnes ».
Elle propose que « dissoudre l'Assemblée nationale pour qu'il y ait de nouvelles élections à la proportionnelle ».
Depuis le 17 novembre, la France est en proie à un mouvement insurrectionnel qui ne fléchit pas.
Les « gilets jaunes » organisent depuis cette date, des opérations de blocages, manifestations et barrages, dans toute la France pour protester contre la politique d’Emmanuel Macron.
La journée de samedi 1er décembre a été particulièrement violente dans la capitale française.
De nombreuses voitures ont été incendiées, des vitrines de magasins vandalisées, et le secteur recouvert de tags sur lesquels on peut lire « Macron dégage » ou encore « les gilets jaunes triompheront », a constaté le correspondant d’Anadolu sur place.
Le célèbre Arc de Triomphe a été, lui aussi, recouvert de tags et de nombreux éléments à l’intérieur ont été partiellement détruites par les casseurs.
Samedi soir depuis Buenos Aires, le président français Emmanuel Macron a vivement condamné les violences.
Un dernier bilan publié par BFMTV lundi matin, fait état de 426 interpellations, 392 gardes à vue et 133 blessés, pour la seule journée de mobilisation des gilets jaunes de samedi à Paris.