Bilal Müftüoğlu
08 Mars 2016•Mise à jour: 08 Mars 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Le premier camp humanitaire de la France situé dans le nord du pays a reçu mardi ses premiers réfugiés qui vivaient jusqu'ici dans des abris de fortune.
Le camp construit par l'organisation Médecins Sans Frontières (MSF) aux alentours de Grande-Synthe (Nord) a accueilli ainsi 900 réfugiés vivant dans la zone boueuse de Basroch. Les migrants n'ont même pas attendu les cars qui devraient les transporter jusqu'au camp et ont emprunté le chemin à pied dans la nuit, a fait savoir le maire de Grande-Synthe Damien Careme.
"Les pompiers me disaient qu'ils avaient l'impression qu'il n'y avait plus personne sur l'ancien camp", a déclaré le maire, ajoutant qu'il devrait y rester encore entre 200 et 300 réfugiés, essentiellement des Kurdes de Syrie et d'Irak.
Le camp de MSF construit avec une capacité d'accueil de 1500 personnes à l'heure actuelle, pourrait ainsi recevoir l'ensemble des 1 050 habitants du deuxième plus grand bidonville de France, après la "Jungle" de Calais. Ce premier camp "privé" de France, composé de 213 cabanons en bois chauffés, est par ailleurs la première installation dans le pays qui correspond aux normes internationales d'accueil des réfugiés.
La construction du nouveau camp avait commencé à la mi-janvier, retardé par l'Etat qui mettait en avant des contraintes techniques, comme le risque d'incendie, selon MSF. Le projet de l'organisation faisait suite à l'appel du maire de la ville, qui dénonçait l'"inaction des pouvoirs publics" face à l'urgence humanitaire dans la région.