Muhammet Tarhan,Gizem Nisa Çebi Demir
19 Août 2025•Mise à jour: 19 Août 2025
AA / Istanbul / Muhammet Tarhan et Gizem Nisa Demir
Le président du Tribunal pour Gaza et ancien rapporteur de l’ONU pour la Palestine, Richard Falk, a déclaré que la situation de l’ensemble du peuple de Gaza est désespérée et nécessite une intervention urgente.
Il a fait des déclarations à l'Agence Anadolu (AA) en marge d’une conférence de presse sur la situation d’urgence à Gaza, organisée dans un hôtel d’Istanbul, lundi.
Falk a salué la condamnation du génocide à Gaza par le gouvernement turc : "Cette déclaration a été plus cohérente, plus forte et plus efficace que celle de presque tous les autres gouvernements dans le Nord global. C’est à saluer ", a-t-il dit.
Concernant la réunion prévue du Tribunal pour Gaza à Istanbul en octobre, Falk a expliqué que l’objectif était de "constituer un dossier fiable permettant d’établir la nature criminelle des événements ".
Il a également rappelé qu’une rencontre organisée à Sarajevo fin mai 2025 avait permis de recueillir des preuves importantes.
"Le Tribunal pour Gaza, disposant d’un jury de conscience, n’est pas limitée par le cadre strict d’un tribunal classique. Il s’intéresse avant tout à la justice plutôt qu’à l’application technique du droit et des preuves", a-t-il précisé, soulignant l’approche globale de l’initiative.
Richard Falk a identifié comme autre objectif majeur la légitimation des initiatives de solidarité internationale, la pression sur les gouvernements pour qu’ils interviennent afin de stopper le génocide, ainsi que le recours aux mécanismes de l’ONU, comme la Résolution pour la paix ou la responsabilité de protection, afin de contester les actions d’Israël et de produire un effet concret dans les meilleurs délais.
- "Il peut être trop tard pour les actions bien intentionnées"
"Chaque jour qui passe renforce l’urgence. La situation du peuple de Gaza est désespérée et des interventions immédiates sont indispensables. Sans cela, même les actions bien intentionnées, y compris les nôtres, risquent de rester inefficaces", a-t-il averti.
Falk a indiqué que le Tribunal souhaitait porter cette situation devant l’Assemblée générale de l’ONU en septembre, en insistant sur le fait que la combinaison de la gravité de la situation et de l’autorisation de l’ONU pourrait permettre de prendre des mesures significatives et rapides. Il a rappelé que l’ONU disposait des moyens légaux et politiques pour agir et que cette initiative visait à contester l’idée selon laquelle l’organisation serait paralysée face à la prévention du génocide.
- Le Tribunal pour Gaza
Créé à Londres en novembre 2024, le Tribunal pour Gaza se présente comme un tribunal populaire indépendant, reposant sur la conscience de la société civile face à l’insuffisance des systèmes judiciaires internationaux. Il examine les actions d’Israël à Gaza sous l’angle du génocide, de l’apartheid et des crimes de guerre, en se fondant sur le droit international, les droits humains et la responsabilité morale.
Le Tribunal vise à établir un enregistrement historique, en produisant des décisions juridiquement cohérentes et moralement fondées, indépendamment des institutions officielles. Il est formé de 5 composantes principales : le comité exécutif, trois chambres d’experts, le conseil consultatif, le jury de conscience et les services administratifs et de soutien.
Lors d’une session publique de quatre jours à Sarajevo fin mai 2025, le Tribunal a entendu des témoignages de témoins, journalistes, universitaires et experts.
Le jury de conscience du Tribunal pour Gaza rendra sa décision finale en octobre 2025, lors de l’audience de clôture à Istanbul, en se basant sur l’ensemble des témoignages et preuves recueillis.
* Traduit du turc par Seyma Erkul Dayanc