Mourad Belhaj
02 Octobre 2020•Mise à jour: 02 Octobre 2020
AA / Ankara
Confronté à des critiques persistantes depuis plusieurs jours, le président américain Donald Trump, qui avait refusé lors d'un débat de dénoncer les suprémacistes blancs, a fait machine arrière en se désolidarisant des actions de ces groupes, mais a mis au défi son rival démocrate Joe Biden de condamner à son tour le groupe antifasciste d'extrême gauche, "Antifa".
"Je dois le dire et je l'ai dit à maintes reprises, et permettez-moi d'être clair à nouveau : Je condamne le "KKK" [Ku Klux Klan], je condamne tous les suprémacistes blancs, je condamne les "Proud Boys" - je ne sais pas grand-chose sur les "Proud Boys", presque rien, mais je condamne cela", a déclaré Trump à Fox News jeudi dernier, quelques heures avant que lui et la première dame, Melania Trump, n'annoncent qu'ils avaient été testés positifs au coronavirus.
Les "Proud Boys" sont un groupe d'extrême droite et néo-fasciste.
Trump a ajouté, en mettant l'accent sur l'un de ses arguments favoris : "Mais il [Biden] devrait aussi condamner "Antifa". "Antifa" est un groupe de personnes horribles - ils tuent des gens ... Ils provoquent des insurrections, ils provoquent des émeutes. Il ne veut pas faire cela, mais la presse ne s'en prend pas à lui".
Le FBI et d'autres agences fédérales de maintien de l'ordre et de renseignement ont déclaré que les groupes de droite aux États-Unis sont responsables de la plupart des violences politiques.
Depuis une manifestation de la droite en 2017 à Charlottesville, Virginie, et qui a vu la mort d'une contre-protestante, Trump a souvent été critiqué pour ses propos équivoques sur les groupes racistes violents de droite, et même pour les avoir qualifiés de "braves gens".
Lors du premier débat présidentiel de mardi, lorsqu'on lui a demandé de condamner les suprémacistes blancs, Trump a répondu : "Qui voulez-vous que je condamne ?" et Biden a suggéré les "Proud Boys".
"Proud Boys - restez en retrait et tenez-vous prêts", a alors déclaré Trump, poussant ses détracteurs à dénoncer une invitation ouverte à la violence en vue de l'élection du 3 novembre.
"Mais je vais vous dire ce qu'il en est. Je vais vous dire ce que je vais faire. Quelqu'un doit faire quelque chose à propos d'Antifa et de la gauche parce que ce n'est pas un problème de droite", a-t-il ajouté.
Les propos de Trump ont été vivement critiqués par l'ensemble du spectre politique, tant par les démocrates que par les républicains, et ont été considérés comme compromettant ses chances de remporter un second mandat.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj