Lubaba Duqan
10 Septembre 2018•Mise à jour: 10 Septembre 2018
AA/ Ramallah
Le secrétaire général du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saeb Erekat, a déclaré lundi que l’administration américaine envisageait de fermer le bureau de l’OLP [qui fait également office d’ambassade palestinienne] à Washington.
"Nous avons été officiellement informés que l’administration américaine prévoyait de fermer notre ambassade à Washington afin de nous sanctionner pour avoir continué à travailler avec la Cour pénale internationale (CPI) contre les crimes de guerre israéliens", a déclaré Erekat, selon l’agence de presse palestinienne « Wafa».
Erekat a qualifié cette décision « d’escalade qui aura de graves conséquences politiques ».
L’initiative « sabote l’ensemble du système international afin de protéger l’occupation israélienne et ses crimes», a-t-il souligné.
Et d’ajouter : «C’est un autre coup porté par l’administration du président Donald Trump à la paix et à la justice ».
L’administration Trump «ne peut extorquer la volonté du peuple palestinien qui continuera à défendre ses droits par toutes les voies juridiques et politiques, en particulier à la CPI», a-t-il souligné.
En outre, il a exhorté le procureur en chef de la CPI, Fatou Bensouda, à ouvrir «une enquête pénale urgente sur les crimes de l'occupation israélienne».
Les dirigeants palestiniens, a déclaré Ereket, «prendront des mesures pour aider les Palestiniens vivant aux États-Unis et garantir leur accès aux services consulaires» à la lumière des plans des États-Unis visant à fermer le bureau de l’OLP.
Pour sa part, le gouvernement palestinien, basé à Ramallah, a pour sa part qualifié la décision des États-Unis de «déclaration de guerre contre les efforts visant à instaurer la paix dans la région».
Dans un communiqué diffusé lundi, le gouvernement palestinien a déclaré que la décision "donne le feu vert à l’occupation israélienne pour maintenir sa politique de déplacement et de colonisation contre le peuple palestinien et sa terre".
"C'est un défi flagrant aux usages, lois et conventions internationales", a-t-il ajouté.
En novembre dernier, l’administration Trump a menacé de fermer le bureau de l’OLP à Washington après que le président palestinien Mahmoud Abbas - dans un discours devant l’Assemblée générale des Nations Unies - ait appelé à l’ouverture d’enquêtes sur des crimes présumés commis par Israël.
Le Département d’État américain a annoncé ultérieurement qu’il permettrait aux bureaux de l’organisation de rester ouverts pour 90 jours supplémentaires.