Sultan Çoğalan,Nur Asena GÜLSOY
29 Mars 2017•Mise à jour: 29 Mars 2017
AA – Ankara – Nur Gülsoy
La Turquie a critiqué la décision de hisser le drapeau du District du Nord de l'Irak sur le fronton des institutions officielles.
Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a accordé, mercredi, une interview à la chaîne de télévision turque TRT Haber.
Il a critiqué la décision unilatérale du Parlement de la ville de Kirkouk de hisser le drapeau du District du Nord de l'Irak, à côté du drapeau irakien, sur le fronton des institutions officielles, rappelant que de nombreux Turkmènes, Arabes et Kurdes habitent la ville.
«Nous trouvons incorrect le vote tenu par le Parlement de la ville de Kirkouk, a déclaré le ministre. Notre sous-Secrétaire M. Umit [Yalcin] a fait part de notre position [au Premier ministre] Netchirvan Barzani par téléphone, avant le vote. Il nous avait répondu que ''le vote sera tenu, mais même si le résultat est en faveur de la décision, nous ne comptons pas hisser le drapeau''. Mettre les parties devant un fait accompli et changer la structure démographique de la région sont incorrects. Les démarches unilatérales ne seront pas profitables. Une telle démarche ne sera pas profitable pour l'avenir, la stabilité et la sécurité de l'Irak, alors que le pays lutte contre l'organisation terroriste Daech actuellement.»
Cavusoglu a insisté sur le fait qu'Ankara soutient l'intégrité territoriale de l'Irak et de la Syrie.
«Par contre, nous ne soutenons pas cette décision et nous l'estimons incorrecte, a-t-il insisté. Nous appelons toutes les parties à agir avec responsabilité.»
Le ministre a aussi abordé l'opération antiterroriste à Raqqa, en Syrie, affirmant qu'il en discutera avec le Secrétaire d'État américain, Rex Tillerson qui se rendra en visite en Turquie, jeudi.
Il a réitéré la position d'Ankara, soulignant qu'il ne faut pas solliciter la coopération d'une organisation terroriste pour lutter contre une autre.
Concernant la montée du racisme en Europe, Cavusoglu s'est demandé «qui l'arrêtera?», et a fait remarquer que la presse européenne, chargée d'informer le peuple, adopte une approche encore plus négative que les dirigeants politiques.
Le ministre a aussi qualifié d'illogique l'interdiction des appareils électroniques dans les cabines des avions se rendant aux États-Unis et au Royaume-Uni, à partir de certains pays.
«Les terroristes se trouvent-ils uniquement en Syrie, aujourd'hui?, s'est-il interrogé. Nous observons leurs attentats en Europe. La plupart des terroristes que nous arrêtons avant qu'ils ne rejoignent Daech ou après qu'ils quittent la Syrie, proviennent des pays d'Europe, sont des citoyens européens. Alors, imaginons que ces mêmes terroristes ont pris l'avion de Francfort, avec des appareils électroniques. Ou bien, imaginons les personnes qui voyagent de l'Asie ou de l'Afrique vers les États-Unis et le Royaume-Uni. Comment peut-on les en empêcher? Aucune réponse ne me satisfait.»
Le fait d'inclure les pays du Golfe et la Turquie dans cette interdiction n'a aucun sens du point de vue sécuritaire, d'après le ministre, ajoutant que la Turquie est prête à coopérer sur les mesures à prendre, étant donné que les équipes techniques, les compagnies aériennes, les services de renseignements et les autorités sécuritaires pourront dialoguer.