Muhammed Yasin Güngör
01 Avril 2025•Mise à jour: 03 Avril 2025
AA / Istanbul / Yasin Gungor
Un groupe de membres du Congrès américain a déposé un projet de loi visant à empêcher l'administration Trump de procéder à plusieurs ventes d'armes importantes à Israël, en invoquant des préoccupations concernant les victimes civiles dans la Bande de Gaza et de potentielles violations du droit international.
Les représentantes démocrates Pramila Jayapal et Rashida Tlaib - la première Américaine d'origine palestinienne à siéger au Congrès - sont à la tête de cette initiative, avec quatre projets de textes conjoints visant des transferts d'armes spécifiques.
Les mesures proposées interdiraient la vente d'armes d'une valeur de plusieurs milliards de dollars, notamment 35 529 bombes puissantes de 2 000 livres, divers systèmes de guidage pour les munitions, des milliers de bombes supplémentaires et des bulldozers blindés qui ont été utilisés pour démolir des maisons palestiniennes.
Cette décision intervient dans le cadre d'une offensive militaire qui a tué plus de 50 000 Palestiniens depuis octobre 2023.
« Continuer à fournir des armes offensives au gouvernement israélien, alors même qu'il viole les lois internationales et américaines, est inacceptable et nous rend complices de cette violence et de cette destruction », a déclaré Jayapal dans un communiqué.
« Nous devons revenir à un cessez-le-feu négocié qui permette l'entrée de l'aide humanitaire à Gaza, la libération des otages restants et une sécurité durable dans la région », a-t-elle ajouté, faisant référence au blocus israélien qui empêche l'acheminement de l'aide vers la Bande de Gaza.
Cette initiative législative s'inscrit dans le prolongement de projets de résolutions antérieurs introduits par les parlementaires et visant des ventes de matériel militaire de plusieurs milliards de dollars.
L'administration Trump a maintenu un soutien fort à la campagne militaire d'Israël, les responsables affirmant que les transferts d'armes sont nécessaires à la défense d'Israël.
Les Républicains soutenant fermement Israël et étant majoritaires dans les deux chambres du Congrès, les propositions des Démocrates du Congrès ont peu de chances d'être adoptées.
Le blocage proposé relève d'une disposition de la loi sur le contrôle des exportations d'armes qui permet au Congrès d'examiner et éventuellement de bloquer les ventes de matériel militaire à l'étranger. Toutefois, les présidents ont souvent contourné ces examens en déclarant des besoins urgents en matière de sécurité nationale.
Le débat sur les ventes d'armes à Israël s'est intensifié à mesure que la crise humanitaire s'aggravait dans la Bande de Gaza et que les tribunaux internationaux examinaient de plus en plus attentivement les actions militaires d'Israël.
En novembre dernier, la Cour pénale internationale ( « CPI ») a délivré des mandats d'arrêt à l'encontre du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu et de son ancien ministre de la défense Yoav Gallant pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité perpétrés dans la Bande de Gaza.
Israël est également poursuivi pour « crime de génocide » devant la Cour internationale de justice (CIJ) en raison de la guerre qu'il mène contre l'enclave.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj