Melike Pala
22 Avril 2026•Mise à jour: 22 Avril 2026
AA / Bruxelles / Melike Pala
Des législateurs, des diplomates et des personnalités publiques ont critiqué la réponse internationale à la crise à Gaza, appelant à une action politique coordonnée plus forte et condamnant l'inaction perçue ainsi que le « deux poids, deux mesures » des institutions mondiales.
Des parlementaires, des diplomates et des personnalités publiques venus de plusieurs continents se sont réunis à Bruxelles mercredi pour le Congrès mondial des parlementaires pour le Sumud, organisé en marge de la Flottille mondiale pour le Sumud actuellement en cours, lancée vers Gaza le 12 avril.
Les participants au congrès ont vivement critiqué la réponse internationale à la situation à Gaza et dans les territoires palestiniens occupés, appelant à des mesures politiques et économiques coordonnées.
Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l'ONU sur la situation des droits de l'homme dans les territoires palestiniens, a déclaré qu'il ne s'agissait plus de reconnaître les droits des Palestiniens, mais de faire respecter les obligations.
« Il est clair que les États membres ont des obligations, et que les entreprises ont l'obligation de ne pas commercer, de ne pas aider et de ne pas assister un État qui commet un génocide contre les Palestiniens », a déclaré Albanese, exhortant à une plus grande coordination et à un véritable leadership pour mettre fin à ce qu'elle a décrit comme une complicité dans les chaînes d'approvisionnement et le commerce.
Mustafa Barghouti, secrétaire général de l'Initiative nationale palestinienne, a qualifié la situation humanitaire à Gaza de désastreuse, citant la violence continue et les graves pénuries de produits de première nécessité.
« Et nous vivons également sous un système qui n'est rien d'autre qu'un système fasciste. Et n'hésitez pas à qualifier l'establishment israélien pour ce qu'il est, un establishment fasciste, car seuls des fascistes peuvent adopter des lois telles que la loi sur la peine de mort... et le célébrer en buvant des coupes de champagne », a-t-il affirmé.
La ministre espagnole de la Jeunesse et de l'Enfance, Sira Rego, a lié la situation à Gaza à ce qu'elle a appelé un « ordre international colonial » plus large, affirmant que les structures de pouvoir mondiales permettent de telles crises.
« Les droits de l'homme comme langage, l'impunité comme pratique, la légalité internationale comme discours, l'exception permanente comme norme. Les déclarations "profondément préoccupées" de la Commission européenne pendant que des armes continuent d'être envoyées à Israël », a-t-elle déclaré.
« Combien de déclarations d'Ursula von der Leyen et de Kaja Kallas avons-nous lues sur le droit international alors qu'elles se précipitaient pour prendre des photos avec les responsables du génocide ? Combien de fois le Parlement européen a-t-il refusé de reconnaître ce qui se passait ? Combien de drapeaux sionistes ont flotté devant les institutions européennes pendant que Gaza brûlait -- combien de temps encore ? », a ajouté Rego.
Lynn Boylan, présidente de la délégation du Parlement européen pour les relations avec la Palestine, a déclaré que les dirigeants mondiaux avaient échoué à prendre des mesures efficaces.
« Nous voyons l'UE et les dirigeants mondiaux échouer à prendre de véritables mesures face à un génocide diffusé en direct contre le peuple palestinien. Nous avons assisté à une attaque coordonnée, non seulement contre le peuple de Gaza, mais contre le droit international et l'humanité elle-même », a-t-elle souligné.
Elle a également critiqué la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et la cheffe de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas, affirmant qu'elles « ne prennent pas leurs obligations au sérieux ».
Le député européen belge Marc Botenga a remis en question ce qu'il a décrit comme des incohérences dans la politique de l'UE, comparant les sanctions imposées à la Russie et à l'Iran avec l'approche du bloc envers Israël.
« C'est une honte, mais ce n'est pas seulement une honte morale... C'est une défaillance juridique », a-t-il souligné.
* Traduit de l'anglais par Mariem Njeh