Alioune Ndiaye
23 Avril 2026•Mise à jour: 23 Avril 2026
AA / Dakar / Alioune Ndiaye
L’ancien président du Sénégal, Macky Sall (2012- 2024), fait de la restauration de la confiance envers l’organisation des nations unies (ONU) une de ses priorités en cas de succession à Antonio Guterres, dont le mandat comme secrétaire général de l’organisation prend fin le 31 décembre 2026.
Sall s’est exprimé mercredi soir à l’occasion du « dialogue informel » organisé par l’assemblée générale des Nations unies dans le cadre du processus de sélection du prochain secrétaire général. Un dialogue interactif avec les représentants des 193 pays membres de l’organisation donnant l’opportunité au candidat de décliner sa vision à la tête de l’organisation internationale.
« Si j'ai l'honneur de servir comme secrétaire général, ma première priorité sera de contribuer à restaurer la confiance, apaiser les tensions, réduire les fractures et redonner espoir dans notre action collective », a déclaré Sall lors de son allocution inaugurale. « La confiance est bâtie grâce à la cohérence, à la justice et à l'équité », a-t-il assuré.
Il a affirmé pouvoir compter sur son expérience de 40 ans de responsabilité publique, l’ayant conduit de fonctionnaire junior à président de la république en passant par président de l’assemblée nationale et premier ministre, pour instaurer le dialogue, l’écoute et la consultation avec tous les membres pour que l’organisation puisse à nouveau se mettre au service de tout le monde.
"Il faut que l’inclusion soit une réalité, que l’équité soit une réalité", a-t-il insisté, estimant que ceci doit passer par une mobilisation de tous les états membres pour y arriver.
« Ce que je souhaite apporter à l'organisation, c'est une tradition d'échange de plusieurs années avec la plupart des dirigeants ici représentés par vous, les dirigeants en Afrique, au G20 et dans d'autres cadres bilatéraux et multilatéraux », a-t-il brandi se voulant un secrétaire général « bâtisseur de pont entre les nations, entre les cultures et les civilisations ».
L’ancien président sénégalais s’est aussi engagé « avec les États membres » à une réflexion approfondie sur l'efficacité des opérations de maintien de la paix. « Je travaillerai également à maintenir les droits humains au cœur de l'agenda des Nations Unies. Nous le savons tous, les droits humains sont universels », a noté Sall, assurant que l’heure des décisions audacieuses était arrivée pour l’organisation.
Portée par le Burundi, la candidature de Macky Sall au poste de SG de l’ONU n’a pas bénéficié du soutien de l’Union africaine qui n’a pas validé le projet d’adoption introduit en ce sens par le Burundi. Le Sénégal ne s’est pas prononcé sur cette candidature.
Le président Sall est le dernier à passer devant l’assemblée générale dans le cadre des dialogues informels avec les candidats. La costaricienne Rebeca Grynspan, actuelle secrétaire générale de l’agence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED) s’est prêtée à l’exercice un peu plus tôt dans la journée. Michelle Bachelet, ancienne présidente de Chili et l’argentin Rafael Grossi directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ont ouvert mardi les dialogues.
Après cette étape, le conseil de sécurité va, au mois de juillet, examiner les candidatures à huis clos avant de formuler une recommandation à l’Assemblée générale. La nomination officielle du nouveau SG devrait ainsi intervenir à l’automne pour une prise de fonction à partir du 1er janvier 2027.