Fawzia Azzouz
08 Janvier 2020•Mise à jour: 08 Janvier 2020
AA/France/Fawzia Azzouz
L’ancien dirigeant de Nissan Carlos Ghosn a affirmé mercredi au cours d’une conférence de presse depuis Beyrouth au Liban, avoir fui le Japon pour « fuir l’injustice ».
« Je pensais que j’allais mourir au Japon » a-t-il expliqué.
Une dizaine de jours après avoir fui le Japon où il était assigné à résidence, Carlos Ghosn affirme avoir rejoint le Liban, non pas pour « fuir la justice mais parce qu’il recherche cette justice ».
Il a toutefois refusé de détailler les circonstances dans lesquelles cette fuite a été organisée.
Il a longuement dénoncé les conditions de son incarcération et les méthodes employées par la justice japonaise.
« Pour la première fois depuis le début de ce cauchemar, je peux enfin me défendre » s’est-il réjoui.
Fustigeant une « campagne de dénigrement », Carlos Ghosn estime qu’il était « sur le point d’être détenu indéfiniment en isolement » par le Japon.
Il indique avoir eu à subir un interrogatoire « de huit heures sans avocat » et avoir comparu « menotté devant les magistrats à Tokyo ».
Durant l’ensemble de son propos liminaire face à une assemblée de plus d’une centaine de journalistes venus du monde entier, l’ancien dirigeant de Nissan a projeté de nombreux documents destinés à le disculper.
Parmi ces documents figurent des contrats pour l’occupation de diverses demeures notamment à Rio de Janeiro et Paris et dont qu’il est accusé d’avoir acquises avec des fonds de la compagnie qu’il dirigeait.
« Je suis innocent et je peux le prouver » a-t-il clamé, précisant que s’il ne peut « pas obtenir la justice au Japon » il l’obtiendra « autrement ».
Il affirme en outre avoir été victime d’une « collusion entre Nissan et le procureur ».
Pour rappel, Carlos Ghosn fait l’objet de quatre chefs d’inculpation au Japon.
Il est poursuivi par les autorités notamment pour abus de confiance et minoration de revenus auprès des autorités boursières.
Il encourt une peine pouvant aller jusqu’à 15 ans de prison.
Arrêté en novembre 2018, il avait été libéré sous caution en avril 2019, mais restait assigné à résidence avec interdiction d’entrer en contact avec son épouse Carole.