Cachemire: "Les conséquences d'un conflit nucléaire ne se limiteront pas à la région"
- Le président de l’Azad Jammu-et-Cachemire a accordé une interview exclusive à l’Agence Anadolu (AA). Il a commenté, au cours de cet entretien, les récents développements dans la région, théâtre de conflits entre l’Inde et le Pakistan.
Emre Aytekin,Ayşe Betül Gedikoğlu
26 Novembre 2019•Mise à jour: 26 Novembre 2019
AnkaraAA – Ankara
Le président de l’Azad Jammu-et-Cachemire (ou Azad Cachemire), territoire sous le contrôle du Pakistan, Sardar Masoud Khan, a appelé la communauté internationale à trouver une solution sûre, juste et définitive au problème du Cachemire.
Lors de sa visite en Turquie, Khan a accordé une interview exclusive à l’Agence Anadolu (AA).
Il a commenté, au cours de cet entretien, les récents développements dans la région, théâtre de conflits entre l’Inde et le Pakistan.
Khan a tout d’abord sollicité le soutien de la communauté internationale pour trouver une solution sûre, juste et définitive au problème du Cachemire.
“Si une guerre conventionnelle éclate dans la région, puis dégénère en conflit nucléaire, les conséquences ne se limiteront pas à la région de l’Asie du Sud”, a-t-il averti. Le 4 août dernier, le gouvernement indien a procédé à une réforme constitutionnelle retirant à la province du Jammu-et-Cachemire son « statut spécial ».
Des mesures draconiennes ont été mises en place depuis, notamment des restrictions drastiques sur les réseaux de communication, ayant pour effet d’augmenter la pression sur la population locale.
“Le gouvernement de New-Delhi a ainsi officialisé son occupation de la région”, a commenté Khan. Soulignant que l’Inde n’a pas le droit de supprimer le statut spécial d’une région disputée qu’elle occupe, Khan a poursuivi: “L’Inde n’a strictement pas le droit d’entreprendre ces démarches […].
En procédant à un amendement constitutionnel, l’Inde veut lever le statut spécial de Jammu-et-Cachemire, mais en réalité, la région n’a pas de statut spécial. Il s’agit là d’une région disputée, d’une région occupée.” Cette mesure n’a été adoptée que pour légitimer l’occupation de la région aux yeux de la communauté internationale.
“L’Inde a désormais officialisé son occupation. Auparavant, il trompait le monde en prétendant que la région de Jammu-et-Cachemire était autonome. Maintenant, ils ont retiré tous les droits constitutionnels aux Cachemiris ”, a-t-il dit. Khan a, par ailleurs, relevé l’augmentation des pressions imposées par le gouvernement central indien contre le peuple de Jammu-et-Cachemire.
Le président de l’Azad Cachemire a souligné que le risque de conflit nucléaire n’est pas un chantage.
“Nous évoquons les réalités du terrain. Nous nous efforçons d’informer le monde concernant ces développements sérieux et les déclarations provocatrices de la partie indienne.
Cependant, certains bellicistes au sein du cabinet indien, dont le premier ministre, profèrent ces menaces”, a-t-il indiqué. Le Pakistan ne fait qu’éclairer la communauté internationale sur les intentions de l’Inde.
“Si la communauté internationale n’intervient pas et n’enclenche pas de processus politique et diplomatique, alors le peuple du Jammu-et-Cachemire et le peuple pakistanais devront entrer en guerre pour protéger leurs territoires et leurs peuples”, a-t-il averti. Et Khan de conclure: “Il s’agit d’une menace existentielle. Si une guerre conventionnelle éclate dans la région et dégénère en conflit nucléaire, les conséquences ne seront alors pas limitées à la région de l’Asie du Sud.”