Khadija Al Zogami
18 Avril 2016•Mise à jour: 18 Avril 2016
AA/ Brésil
Le Parlement brésilien a approuvé l’ouverture d’une enquête sur la présidente Dilma Rousseff, ouvrant la voie à un procès, et à une éventuelle destitution.
Lors de la séance de dimanche, 367 députés ont approuvé la mesure, 137 élus ont voté contre, et 7 se sont abstenus. Deux députés n’ont pas assisté au vote.
L’initiative constitue une grande défaite pour le Parti des Travailleurs au pouvoir au Brésil depuis 13 ans.
Si le Sénat approuve la résolution, Rousseff sera déchargée de ses fonctions présidentielles pour une période de 180 jours, durant lesquels le vice-président Michel Temer assumera les responsabilités de Président. Une commission du Sénat examinera, pendant ce temps, les faits reprochés à Rousseff.
En cas de destitution, Temer sera déclaré nouveau président du Brésil, jusqu'aux prochaines élections, prévues pour 2018.
A l’issue du vote du Parlement, les villes du pays ont été le théâtre de nombreuses manifestations en faveur ou contre Roussef. Des manifestations qui n’ont, cependant pas été entachées d’actes de violence notables.
Dilma Rousseff est accusée de ne pas avoir remboursé les sommes qu’elle avait décaissées de la Banque centrale pour renflouer le déficit public dans les délais impartis. Il lui est également reproché des faits de corruption estimés à 800 millions de dollars, lors de son mandat à la tête de la société étatique "Petrobras", (spécialisée dans l'extraction, le traitement et le transport du pétrole au Brésil et à l'étranger), entre 2003-2010.
Une enquête a été ouverte sur la question en mars 2015. Plus de 100 personnes, dont de hauts responsables de l'entreprise, d'anciens députés, et des hommes d’affaires, ont été arrêtés.
L'ancien président de la compagnie, Paulo Roberto Costa, a été condamné à sept ans et demi de prison. Le nom de l'ancien président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva a également été cité, en mars dernier, dans l'enquête.