AA/ Tunis/ Malèk Jomni
- Kaïs Saïed décide de révoquer de hauts fonctionnaires de l’État
Le Président tunisien Kaïs Saïed a démis mardi de leurs fonctions des hauts fonctionnaires de l'Etat, dans une nouvelle série de révocations entamées dimanche, selon ce qui a été indiqué dans le dernier numéro du Journal Officiel de la République Tunisienne (65).
Par décret présidentiel n° 2021-68 datant du 23 juillet 2021, Kaïs Saïed avait mis fin aux fonctions du colonel-major magistrat Taoufik Ayouni, procureur général directeur de la justice militaire.
Les limogeages concernent également Moez Lidine Allah Mkaddem, directeur de cabinet du chef du gouvernement destitué (Hichem Mechichi), le secrétaire général du gouvernement, Walid Dhahbi , ainsi que tous les conseillers de Mechichi, dont Rached Ben Romdhane, Slim Tissaoui, Mofdi Mseddi, et le président du Comité général des résistants, des martyrs et blessés de la révolution et des actes terroristes, Abderrazek Kilani.
Selon le décret présidentiel n° 2021-75, il est mis fin aussi aux fonctions de 8 conseillers du Chef du gouvernement, ainsi que la cessation de fonctions de 9 chargés de mission au cabinet du Chef du gouvernement.
- L'Union européenne appelle à la nécessité de préserver "la stabilité et la démocratie en Tunisie"
L'Union européenne a souligné, mardi, la nécessité de préserver "la stabilité et la démocratie en Tunisie", à la suite des mesures d'exception prises par le Président tunisien Kaïs Saïed, qui ont provoqué dans dissensions politiques dans ce pays arabe.
"J'ai tenu une discussion approfondie avec le Président Kaïs Saïed cet après-midi sur la situation en Tunisie au cours d'un entretien téléphonique", a déclaré mardi sur Twitter Charles Michel, président du Conseil européen.
"Préserver la stabilité et la démocratie en Tunisie sont une priorité pour le pays et la région, et l'Union européenne se tient aux côtés des Tunisiens face aux crises qu'ils traversent", a fait savoir Michel.
- Mustafa Sentop: « Nous espérons que le peuple tunisien gouvernera selon sa volonté »
Le président du Parlement turc, Mustafa Sentop, a exprimé son espoir que « le peuple tunisien gouvernera selon sa volonté, à travers une administration dans laquelle opèrent le système constitutionnel et les règles de droit ».
« La Constitution ne peut être suspendue en Tunisie, et le Président du pays n'est pas habilité à démettre le Chef du gouvernement de ses fonctions », a précisé Sentop.
- Des organisations mettent en garde contre tout prolongement de l’inertie des institutions
Des organisations et des syndicats tunisiens ont mis en garde, mardi, par voie de communiqué conjoint, contre tout prolongement « illégitime et injustifiée » de l’inertie des institutions de l'Etat, soulignant la nécessité de respecter le délai de 30 jours annoncé par le Président tunisien, pour mettre fin aux mesures d’exception.
Ledit communiqué a été signé par le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), l'Union générale tunisienne du travail (UGTT), l'Ordre national des avocats, l'Association tunisienne des femmes démocrates, l'Association des magistrats tunisiens, la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l'homme et le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux.
Les organisations et syndicats tunisiens ont souligné, « la nécessité de respecter le pouvoir judiciaire en tant qu'autorité totalement indépendante des pouvoirs exécutif et législatif, afin qu’il puisse assumer son rôle et travailler de manière totalement indépendante pour accélérer l'ouverture de tous les dossiers ».
Le communiqué conjoint des organisations et syndicats tunisiens a appelé à « la nécessité de mettre en place une feuille de route claire selon un calendrier qui ne dépasse pas les 30 jours, en impliquant toutes les forces civiles, pour résoudre des problèmes urgents tels que la lutte contre pandémie, la révision de la loi électorale et du système politique et la lutte contre la corruption ».
Les signataires ont également mis l’accent sur « l’impératif d'assurer la continuité du fonctionnement des institutions étatiques et des instances nationales et de les protéger de tout risque d’effondrement ».
Le communiqué a exhorté toutes les forces politiques à « faire prévaloir l'intérêt public et à résoudre les problèmes par la voie d'un dialogue pacifique, loin de toute tension ».
Les syndicats et organisations ont, sur un autre plan, appelé les citoyens au calme et à la retenue ainsi qu’à ne pas se laisser entraîner par la violence, et à préserver les institutions du pays et les intérêts publics et privés du peuple.
- Cavusoglu s'entretient avec son homologue tunisien Jerandi
Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, s'est entretenu par téléphone avec son homologue tunisien, Othman Jerandi, selon un communiqué du ministère.
Lors de cet entretien, Mevlut Cavusoglu a souligné le soutien de la Turquie au peuple tunisien, rappelant l'importance portée à la stabilité et la prospérité de la Tunisie.
- La "Coopération islamique" souhaite que la Tunisie traverse rapidement la phase actuelle
Le Secrétaire général de l'Organisation de la coopération islamique, Youssef ben Ahmed Al-Othaimeen, a exprimé son souhait, mardi, de voir la Tunisie traverser ces circonstances actuelles et regagner la stabilité.
C'est ce qui est ressorti d'un entretien téléphonique effectué entre le Secrétaire général de l'organisation, Youssef Al-Othaimeen et le ministre tunisien des Affaires étrangères, Othman Jerandi, autour de "l'évolution des développements politiques" en Tunisie, deux jours après les décisions annoncées par le président de la République.
Al-Othaimeen a affirmé "le souci de l'organisation pour la sécurité et la stabilité de la Tunisie, exprimant son plein soutien au peuple tunisien".
- Le Roi du Maroc adresse un message oral au Président Saied
Le Président de la République tunisienne Kais Saied, s'est réuni mardi, avec Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et des Marocains résidant à l’étranger, au palais présidentiel de Carthage.
Via son communique consulté par l'Agence Anadolu, la Présidence tunisienne a rapporté que le MAE du Maroc était en visite en Tunisie pour la transmission d'un message oral adressé par le Roi Mohammed VI au Chef de l'Etat tunisien, sans donner plus de détails sur son contenu.
Durant cette rencontre, les grands liens fraternels entre les deux dirigeants ont été évoqués, les deux parties ont également réaffirmé leur détermination commune à renforcer davantage les relations de coopération bilatérale ainsi qu'à satisfaire les attentes des deux peuples frères.
- Les Nations Unies appellent les dirigeants tunisiens à régler d'urgence leur différend
Les Nations Unies ont appelé mardi, les dirigeants politiques et les parties prenantes en Tunisie à « trouver en urgence une solution à leur différend par le dialogue et à agir de manière responsable ».
C’est ce qui ressort d'une conférence de presse tenue par Farhan Haq, porte-parole adjoint du Secrétaire général des Nations Unies, au siège de l'Organisation internationale à New York.
« Les Nations Unies continuent d'encourager les dirigeants politiques et les parties prenantes en Tunisie à résoudre d’urgence leur différend par le dialogue et le compromis », a déclaré Haq.
Et le porte-parole onusien de poursuivre « Les Nations Unies exhortent également tous les acteurs politiques dans ce pays à agir de manière responsable pour maintenir le calme ».
- L'AMT réaffirme l'indépendance du parquet et appelle à la fin des mesures d'exception
L'Association des magistrats tunisiens (AMT) a affirmé, mardi, l'indépendance du ministère public, appelant le Président Kaïs Saïed à accélérer la levée des mesures exceptionnelles, et à dévoiler les mécanismes de "relance du processus démocratique".
En signe de rejet implicite contre la décision de Kaïs Saïed de présider le parquet, l'AMT a affirmé l'indépendance du ministère public conformément aux dispositions de la Constitution, soulignant l'impératif de préserver l'institution judiciaire et la justice de toute tentative d'instrumentalisation politique.
L'AMT a appelé le ministère public à " assumer son rôle dans la protection de la société et de l'Etat contre les différents types de crimes, dont la corruption et le terrorisme qui ont entravé la transition démocratique, et de poursuivre tous les auteurs, quels que soient leurs rangs ou leurs positions, dans le respect total de la loi et de rompre avec toute forme d'impunité, en vue de rectifier le cours du processus démocratique et lui assurer toutes les garanties de succès.
- Le Président Saied reçoit un message oral de son homologue algérien
Le Président tunisien Kais Saied a reçu, mardi, le ministre algérien des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l'étranger, Ramtane Lamamra, au palais présidentiel de Carthage.
Lamamra est l'envoyé spécial du Président algérien Abdelmadjid Tebboune, chargé de transmettre un message oral adressé au Chef de l'Etat tunisien.
Cette rencontre était l'occasion de réaffirmer les liens de respect et d'appréciation mutuelle unissant les dirigeants des deux pays, ainsi que leur détermination et leur volonté de continuer à travailler ensemble pour consolider davantage les liens historiques de fraternité et les solides relations de coopération et de partenariat entre la Tunisie et l'Algérie.
- Diplomatie iranienne: « nous suivons de près les développements en Tunisie »
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saeed Khatibzadeh, a déclaré que son pays « suivait de près les développements » en Tunisie, appelant toutes les parties à faire preuve de « retenue ».
Par voie de communiqué publié mardi sur le site du ministère, Khatibzadeh a ajouté que « tous les courants politiques et institutions en Tunisie devraient faire prévaloir le dialogue pour désamorcer la situation de tension actuelle ».
Il a appelé toutes les parties à faire preuve de retenue et de cohésion, soulignant l'importance de préserver la sécurité et la stabilité politique en Tunisie.
« L'Iran suit de près les développements et les événements en Tunisie, et nous espérons qu’elle sortira rapidement de cette crise par la voie du dialogue », a déclaré Khatibzadeh.
- L'Union internationale des juristes fait état d'une "tentative de coup d'État"
L'Union internationale des juristes a condamné, mardi, la décision du Président tunisien Kaïs Saïed de destituer le Premier ministre et de geler les travaux du Parlement pendant 30 jours, la qualifiant de "tentative de coup d'État".
"La destitution du Premier ministre et le gel des pouvoirs de l'Assemblée, qui est la représentante du peuple tunisien, sont un coup d'État incontestable et pur, malgré l'effort visant à l'habiller d'une apparence légitime", estime l'Union internationale des juristes soulignant qu'il est du "devoir de l'Humanité de lutter contre les coups d'État".
"En Tunisie, qui a montré aux peuples du Moyen-Orient, l'exemple le plus mature de désobéissance civile en menant le « printemps arabe » en 2010, aucune tentative de coup d'État ne sera définitive et ne gagnera pas en continuité", note encore l'Union dans son communiqué, "condamnant fermement "la tentative de coup d'État en Tunisie en violation du droit national et international".
L'Union internationale des juristes souligne enfin sa solidarité avec "les civils et les politiciens qui se battent pour protéger la volonté nationale contre les coups d'État.
- L'Union africaine suit avec attention la situation en Tunisie
Le président de la Commission de l’union africaine , Moussa Faki Mahamat , a affirmé qu'il suit avec attention la situation en Tunisie, signalant qu'il a eu un entretien téléphonique avec le Ministre des affaires étrangères du pays, Othman Jerandi.
Par voie de communiqué publié mardi, le président de la commission a exprimé l’attachement de la Commission de l’union africaine au strict respect de la constitution tunisienne, au nécessaire maintien de la paix , au rejet de toutes formes de violence et à la promotion du dialogue politique pour résoudre les problèmes posés et répondre aux aspirations légitimes du peuple tunisien, sa jeunesse notamment.
- 43 554 doses administrées au 135ème jour de la campagne de vaccination
Le ministère tunisien de la Santé a annoncé mardi, qu'au 135ème jour de la campagne nationale de vaccination qui avait débuté le 13 mars dernier, 43 554 doses de vaccins anti-Covid avaient été administrées (lundi 26 juillet 2021).
Le nombre des doses anti-Covid administrées, depuis le début de la campagne, a atteint les 2 619 884 et celui des inscrits sur la plateforme Evax.tn les 3 911 961.
Selon le même rapport, quelque 963 633 personnes ont déjà reçu les deux doses du vaccin et sont ainsi entièrement vaccinées et quelque 117 581 en ont reçu la première dose, uniquement.
- Ennahdha appelle à l'intensification des concertations
Le Bureau exécutif du mouvement d'obédience islamique Ennahdha a tenu, lundi, une réunion d'urgence sous l'égide de Rached Ghannouchi, consacrée au suivi de la situation actuelle et des mesures exceptionnelles annoncées dimanche, par le Président de la République, Kaïs Saied.
Le Bureau considère que les mesures exceptionnelles annoncées par le Président de la République sont inconstitutionnelles et représentent un coup d'Etat contre la Constitution et les institutions, notamment celles liées au gel de l'activité parlementaire et au monopole de tous les pouvoirs.
Et d'appeler, dans ce sens, le Chef de l'Etat à se rétracter, tout en soulignant la nécessité de la reprise des travaux de l'Assemblée des représentants du peuple (ARP/ Parlement) en tant qu'autorité élue démocratiquement.
Le Bureau d'Ennahdha a également appelé à l'intensification des consultations sur les évènements récents qu'a connu le pays, afin de préserver les acquis démocratiques et de revenir au plus vite aux conditions constitutionnelles et au fonctionnement normal et légal des institutions et des rouages de l'Etat.
- Noureddine Taboubi à AA : Pourvu que le projet de Saïed soit proche du nôtre
Réuni en urgence, lundi matin, le Bureau exécutif de l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) a rendu public un communiqué où, sans s'opposer aux mesures prises par le président de la République, il lui a essentiellement demandé de les accompagner d'assurances l'engageant à ne pas toucher aux libertés, aux processus démocratique ni aux institutions.
Dans le même communiqué, la Centrale syndicale a, également, exigé que le chef de l'État annonce son agenda, informe de ce qu'il entend entreprendre et définisse clairement la durée de "l'état d'urgence" qu'il a décrété de fait, avant de rendre leurs pouvoirs et prérogatives aux institutions de l'État.
Effectivement, Taboubi qui nous a, hâtivement, livré ses impressions, après sa rencontre avec le président, ne nous a pas paru rassuré -ni rassurant- "Sans en avoir clairement parlé, il est évident que Saïed a un projet qui n'est probablement pas le nôtre...j'espère me tromper", nous a-t-il déclaré.
Et d'ajouter qu'il lui avait rapporté les demandes et les attentes (susmentionnées) de la Centrale syndicale en lui précisant que cette dernière avait pris en considération l'embourbement de la situation socio-politico-économique dont il fallait sortir, à tout prix.
"Mais cela ne veut absolument pas dire qu'elle cautionnerait des mesures qui dévient de l'intérêt national, qui touchent aux libertés ou freinent le processus démocratique, pour servir des objectifs personnels ou obscurs", nous a encore dit Taboubi.
- Réception d'un don américain d’un million de litres d’oxygène
Un avion militaire tunisien, chargé de 310 bouteilles et contenant un million de litres d’oxygène, offert par les États-Unis d'Amérique dans le cadre de leur contribution pour soutenir les efforts de la Tunisie dans sa lutte contre la pandémie du coronavirus, a atterri, lundi soir à l’aéroport international de Tunis-Carthage. C'est ce qu'a annoncé la présidence de la République tunisienne par voie communiqué.
"La Présidence de la République adresse ses sincères remerciements et sa gratitude aux Etats-Unis d'Amérique pour cet énorme élan de solidarité, au regard du contexte sanitaire difficile que traverse la Tunisie. Cette initiative reflète, une fois de plus, la force des relations d'amitié historiques entre les deux pays", lit-on de même source.
- L'UE suit avec la plus grande attention l’évolution de la situation en Tunisie
L’Union européenne (UE) suit avec la plus grande attention l’évolution de la situation en Tunisie, selon un communiqué de l'organisation internationale.
"L’ancrage démocratique du pays, le respect de l’Etat de droit, de la Constitution et du cadre législatif doivent être préservés tout en restant à l’écoute des volontés et aspirations du peuple tunisien", indique le communiqué.
L'UE a appelé au rétablissement de la stabilité institutionnelle dans les meilleurs délais et en particulier à la reprise de l’activité parlementaire, au respect des droits fondamentaux et à l’abstention de toute forme de violence.
"Nous continuerons à suivre attentivement l’évolution de la situation tout en rappelant le soutien considérable de l’Union européenne et de ses Etats membres à la Tunisie dans le contexte d’une crise pandémique et économique d’envergure. La préservation de la démocratie et de la stabilité du pays sont des priorités", lit-on de même source.
- Jordanie : "Nous suivons ce qui se passe en Tunisie et espérons une issue à la crise"
La Jordanie a annoncé qu’elle suit de près l’évolution de la situation en Tunisie, souhaitant que cette dernière parvienne à trouver une issue à la crise qu’elle traverse, selon un tweet du ministre des Affaires étrangères, Ayman Safadi, publié lundi soir.
"Nous suivons l'évolution de la situation en Tunisie et espérons que nos frères tunisiens surmontent cette phase difficile d'une manière qui préserve la sûreté, la sécurité et la stabilité du pays, afin de réaliser les aspirations de son peuple et protège ses intérêts et ses acquis", a écrit le chef de la Diplomatie jordanienne.
- Ennahdha dément l'interdiction de voyage de Ghannouchi et son assignation à résidence
En Tunisie, le mouvement d'obédience islamique, Ennahdha a démenti les informations selon lesquelles le chef du parti et président de l'Assemblée des représentants du peuple (ARP/Parlement), Rached Ghannouchi aurait été interdit de voyager ou assigné à résidence.
Le mouvement a affirmé que Ghannouchi tenait actuellement une série de réunions, contrairement à ce qui a été relayé par les réseaux sociaux.
Lors d'une déclaration accordée lundi à TRT, Ghannouchi avait fait savoir que le Parlement était en réunion permanente et qu'il s'était concerté avec le bureau de l'ARP avant de prendre la décision de condamner "le coup d'État" et de tenir à la légitimité.
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