Mustafa Talha Öztürk
26 Février 2025•Mise à jour: 26 Février 2025
AA / Sarajevo, Bosnie-Herzégovine / Talha Ozturk
Un tribunal bosniaque a condamné mercredi le leader serbe Milorad Dodik à un an de prison et à une interdiction politique de six ans pour avoir enfreint les décisions de l'envoyé chargé de mettre en œuvre l'accord de paix historique de Dayton de 1995.
Dodik, en tant que président de la Republika Srpska/ République serbe de Bosnie, a été reconnu coupable de ne pas avoir appliqué et mis en œuvre les décisions du haut représentant pour la Bosnie-Herzégovine.
Milos Lukic, directeur par intérim du Journal officiel de la Republika Srpska, a été acquitté des mêmes accusations.
Ni les prévenus ni leurs avocats n'étaient présents au tribunal pour entendre le verdict, mais les deux parties ont le droit de faire appel.
Dodik et Lukic étaient accusés pour leur conduite en juillet 2023 à Banja Luka, la plus grande ville de la Republika Srpska, où ils n'ont pas mis en œuvre les décisions du Haut Représentant Christian Schmidt, sachant que ce dernier avait pris une décision empêchant l'entrée en vigueur de deux lois.
Le non-respect des décisions du haut représentant est un délit, passible de six mois à cinq ans de prison.
Lors de la plaidoirie finale du procès d'un an, les procureurs ont demandé une peine proche du maximum légal et une interdiction d'exercer toute fonction publique pendant 10 ans. La défense avait sollicité l'acquittement.
-Pouvoirs du haut représentant
Depuis le début du procès, Dodik exerce des pressions sur le tribunal, ses partisans se rassemblant devant le bâtiment judiciaire avant chaque audience.
Le haut représentant, créé par l'accord de paix de Dayton qui a mis fin à la guerre de 1992-1995 en Bosnie-Herzégovine, supervise la mise en œuvre de l'accord au nom de la communauté internationale.
Il dispose de l'autorité pour renvoyer toute personne qui entrave la mise en œuvre de la paix dans le pays, y compris les membres du Conseil présidentiel tripartite, et peut adopter des lois si nécessaire.
Les pouvoirs exceptionnels du Conseil de mise en œuvre de la paix ont été confiés au haut représentant en 1997 lors d'une réunion en Allemagne.
* Traduit de l’Anglais par Adama Bamba