Qualid Filsde Mohamed Chine
01 Février 2017•Mise à jour: 02 Février 2017
AA/ Qualid Filsde
Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a fait part d’un « sentiment de choc » quand il a appris la nouvelle de la « fusillade tragique et mortelle » qui a ciblé une mosquée, dans la ville de Québec, dimanche soir.
Trudeau, connu pour ses positions favorables au multiculturalisme, a ajouté, dans un communiqué, «nous condamnons cet attentat terroriste dirigé contre des musulmans se trouvant dans un lieu de culte et de refuge.
L’attaque a fait 6 morts et 8 blessés. «Ces personnes ont été visées uniquement parce qu’elles pratiquaient leur religion », a affirmé le Premier ministre.
La chef par intérim du Parti conservateur, Rona Ambrose, a relevé pour sa part «un choc terrible pour la région».
Mais si les politiciens canadiens parlent d’un « choc », il ne s’agit pourtant pas de la première agression dirigée contre le Centre Islamique en question.
La mosquée visée, ouverte en 1985, est le plus ancien lieu de culte musulman de Québec.
En juin 2016, une tête de porc avait été déposée devant l'entrée du bâtiment, accompagnée de la mention "Bon appétit". Moins d’un mois plus tard, des tracts contre l’Islam ont été distribués dans le quartier, rappelle la presse canadienne.
Et ce, dans un contexte marqué par des déclarations médiatiques de plus en plus ouvertement islamophobes.
«Certains animateurs de radio de Québec ont du sang sur les mains», affirme un ex-agent des services de renseignements canadien cité par le « Le Journal de Québec ».
Michel Juneau-Katsuya, ancien agent du Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS), déclare, selon la même source : «certains médias et la montée d’une politique populiste ne sont pas étrangers à la fusillade survenue à la grande mosquée de Québec dimanche ».
De son côté, Amnesty International (AI), a « condamné fermement cet acte qui vise des citoyens musulmans », une attaque qui démontre, selon un communiqué de l’organisation, « un mépris total pour la vie et une haine fondée sur la religion ».
A cet égard, Béatrice Vaugrante, la directrice générale de la section francophone d’AI au Canada, déclare, dans le même document dont Anadolu a eu copie que « Les discours de haine et l'islamophobie sont inacceptables et nourrissent la violence ».
Lors d'un rassemblement organisé en mémoire des victimes, lundi, le chef par intérim du Bloc québécois, Rhéal Fortin, déplore : «un climat malsain s'est introduit dans notre société et dans tout l'Occident, et l'attentat de Québec en est la dernière incarnation».
Selon les statistiques officielles canadiennes établies en 2011, quelques 1 053 945 musulmans vivent dans le pays, soit 3,2 % de la population totale du Canada, contre 2% en 2001.
Le Centre Islamique de Québec situé dans le quartier Sainte-Foy, à une dizaine de kilomètres du centre historique de la ville, a été la cible d’une attaque armée qui a fait 6 morts et 8 blessés, dimanche soir.
L’auteur présumé de l’attentat, Alexandre Bissonnette, un étudiant canadien de 27 ans, a été inculpé lundi de six meurtres avec préméditation pour la fusillade. L’accusé s’était jusqu’ici illustré par ses positions pro-israéliennes sur les réseaux sociaux, selon les médias canadiens.