Kerem Kocalar,Ayşe Betül Gedikoğlu
07 Décembre 2016•Mise à jour: 07 Décembre 2016
AA - Gaziantep (Turquie)
"L’un des plus grands drames humanitaires de ces dernières années se déroule actuellement dans la ville syrienne d’Alep", a souligné, mercredi, le directeur du programme pour la Syrie des Médecins sans Frontières (MSF), Carlos Francisco.
Lors d’une interview accordée à l’agence Anadolu (AA), Fransisco a indiqué que la situation à Alep s’empire de jours en jours.
Il a noté que l’accès aux besoins médicaux a été extrêmement limité au cours de ces dernières semaines, ajoutant que trente médecins de l’association agissent dans les différentes régions d’Alep pour dispenser des soins aux nécessiteux.
« Il n’y pas de de médicaments dans la zone. Et même s’il y aurait les médicaments, il n’y a pas d’hôpital où soigner. Les blessés ne parviennent pas à quitter la ville c’est pourquoi la situation devient plus grave. Nous ne savons pas comment allons-nous pouvoir apporter nos aides à partir de maintenant », a-t-il confié.
Francisco a averti: «Si la situation continue à se dégrader de cette manière, il y aura des conséquences plus tragiques encore. Les services fournis aux blessés sont assurés à l’aide des derniers équipements envoyés dans la région" .
Il a, à ce propos, noté que "beaucoup de temps s'est écoulé depuis l’envoi de ces équipements vers Alep".
Carlos est notamment revenu sur son expérience personnelle et déclaré, à ce sujet: «Nous travaillons toujours dans des conditions difficiles. Au regard de mon expérience personnelle dans le domaine de l’aide humanitaire, je peux dire que le pire drame que j’ai eu à connaître est Alep".
"La raison est la suivante. Jusqu’alors, nous avions accès aux malades d’une certaine manière, mais maintenant nous devons suivre de l’extérieur, ce qui se passe à l’intérieur. Nous arrivons à suivre ce qui ce passe de l’extérieur mais nous n’arrivons pas à joindre les malades. Ceci est notre problème principal.», a-t-il déploré.
Et Francisco d’ajouter: « Nous voyons de loin dans quelles conditions les femmes accouchent et comment les blessés meurent car nous arrivons pas à les atteindre. Ceci est pour nous la pire des tragédies»