Qays Abu Samra
14 Décembre 2015•Mise à jour: 14 Décembre 2015
AA/Ramallah (Cisjordanie)/Qays Abou Samra
Le président palestinien Mahmoud Abbas a estimé «justifié» le soulèvement populaire en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza, qui a été déclenché en réaction «à la poursuite des exactions israéliennes».
Abbas s’exprimait au cours d’une réception organisée, lundi, dans la ville d’al-Bira (centre de la Cisjordanie) organisée à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la lutte contre la corruption.
«Le soulèvement populaire justifié a commencé depuis le début du mois d’octobre dernier, et nous ne pouvons pas dire aux jeunes pourquoi vous sortez [manifester], ils sont sortis pour de multiples raisons, dont protestater contre la poursuite de la colonisation et les violations des lieux de culte sacrés», a-t-il dit.
Le président Abbas a ajouté: «Les jeunes n’observent aucun prémice de fondement d’un Etat palestinien. Ils sont submergés par le désespoir, quelle est donc la solution ?».
S’adressant à la partie israélienne, Abbas a déclaré : "Nous leur disons, éradiquez les causes…Nous voulons faire sentir ou donner l’espoir à notre peuple que l’établissement d’un Etat palestinien dans un délai d'un ou cinq ans est possible".
«Je voudrais dire à mon peuple un mot sincère et lui livrer un délai pour l’établissement d’un Etat», a-t-il encore lancé.
«Nous avons conclu plusieurs accords avec la partie israélienne depuis 1993, dont aucun n’a été respecté et récemment, nous avons été informés que le retour aux accords est irréaliste, anormal et impossible…Pourquoi ?», s’est également interrogé le président de l’Autorité palestinienne.
Abbas n’a pas mentionné dans son allocution les parties qui l’ont informé de l'impossible retour aux accords et n’a pas livré davantage de détails sur le but de ses propos.
«Nous demandons l’arrêt de la colonisation et la libération des prisonniers mais ils [les Israéliens] refusent cela. Comment leur faire confiance. Nous demeurons, néanmoins, attachés à nos droits inaliénables, quelles que soient les conditions», a tenu à rappeler Mahmoud Abbas.
Il a, par ailleurs, évoqué sa volonté d'«éradiquer la corruption» au sein des institutions palestiniennes.
«Nous souhaitons déraciner la corruption. Nous voulons établir l’Etat de droit et éradiquer la corruption. Nous nous approchons de l’établissement d’un Etat, les institutions, la loi et la constitution sont prêts, il ne nous reste plus que la proclamation de l’Indépendance que nous ferons prochainement», a conclu le président palestinien.