Hatem Kattou
01 Avril 2018•Mise à jour: 01 Avril 2018
AA / Gaza (Territoires palestiniens)
L'agriculteur, Ramadhan Achtiwi, fait une course contre la montre pour pomper l'eau de pluie pure qu'il a collectée avec succès dans un petit étang de la Bande de Gzaza, en raison de la contamination des eaux souterraines et de son taux élevé de salinité.
Achtiwi, qui possède un champ d’agrumes, à l'est de la ville de Gaza, déclare qu'il a été élevé à aimer et à cultiver les arbres à agrumes dans la Bande de Gaza qui est célèbre pour leur culture depuis des temps immémoriaux.
Cependant, la situation a changé aujourd’hui car après que le secteur ait exporté des agrumes vers certains pays du monde, il est devenu l'un de ses importateurs.
Achtiwi a déclaré à Anadolu que la principale raison de la réduction de la production d'agrumes dans la Bande de Gaza et de la suspension de son exportation consiste en les pratiques israéliennes d'occupation contre le secteur, en sus de la crise de l'eau et de son taux de salinité élevé.
Achtiwi a indiqué à Anadolu :"La destruction israélien continue des terres frontalières et les opérations militaires successives ont réduit la superficie plantée en agrumes, ce qui affecte la production locale de ces cultures".
Il a également noté que la production actuelle d'agrumes est devenue insuffisante pour le marché local.
Il explique à ce propos : "C’est pour cela d’ailleurs que le ministère de l'Agriculture a autorisé l'importation de l'étranger, pour couvrir le déficit résultant sur le marché local."
Achtiwi souligne que les agriculteurs travaillent dur tout au long de l'année pour s’occuper de leurs arbres, mais ils entrent en collision avec la situation économique difficile, ce qui conduit à la baisse des prix des agrumes et à l’accumulation de lourdes pertes.
Il ajoute : "Si l’état des agrumes reste tels qu'il l’est, nous perdrons les arbres à agrumes dans la Bande de Gaza, parce que c'est devenu un projet contre-productif".
De son côté, Nizar al-Wahidi, directeur général des "Sols et de l’Irrigation" au ministère palestinien de l'Agriculture à Gaza, note que la culture des agrumes a commencé tôt en Palestine.
Il a déclaré à Anadolu : "La culture des agrumes en Palestine, y compris à Gaza, a commencé au début du siècle dernier comme l'une des solutions au taux de chômage élevé".
Al-Wahidi a souligné que la superficie de culture des agrumes dans la bande de Gaza a atteint 77 000 dounam (un dounam équivaut à mille mètres carrés) durant la présence égyptienne (1948-1967).
Il a noté que cette superficie a diminué jusqu’à atteindre 20 000 dounam seulement, dont uniquement 15 000 dounam d’arbres fruitiers. "
Et a-Wahidi d’ajouter : "A l'époque, les agrumes de la Bande de Gaza étaient compétitifs sur les marchés, où les produits palestiniens atteignaient les pays d'Europe de l'Est et un grand nombre de pays arabes et asiatiques."
Mais la situation a beaucoup changé maintenant, la culture des agrumes a décliné pour de nombreuses raisons, principalement à cause des violations israéliennes, selon al-Wahidi.
"Maintenant, nous n'exportons pas d'agrumes en raison de la détérioration des champs suite au siège israélien imposé à la Bande de Gaza et aux violations ainsi qu’à la destruction de ses fermes par l'armée israélienne", a-t-il dit.
Il souligne également que l'une des raisons du déclin de ces culture est la crise de la pénurie de l’eau et sa salinité élevée ce qui réduit la superficie de la culture d'agrumes.
La Bande de Gaza souffre d'une grave crise d’approvisionnement en eau et de la pollution et la salinité de l’eau, selon de nombreuses institutions locales et internationales.
Al-Wahidi note que l'exportation d'agrumes de la Bande de Gaza s'est poursuivie jusqu'en 1974, date à laquelle elle a été "complètement arrêtée en raison de l'incapacité de couvrir les besoins du marché local pour ces produits".
Cependant, le ministère de l'Agriculture cherche à «relancer la culture des agrumes dans la Bande de Gaza, pour couvrir les besoins locaux et pour ne pas avoir besoin d’importer de l'étranger».
Al-Wahidi déclare également : "La quantité produite dans le secteur pourrait atteindre 50 000 tonnes cette année, et nous cherchons donc à importer d'Israël pour compenser le déficit du marché local".