Mona Saanouni
21 Octobre 2018•Mise à jour: 22 Octobre 2018
AA/ Istanbul (Turquie)
Le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé, dimanche, qu’il se prononcera sur l’Affaire du journaliste saoudien, Jamal Khashoggi, assassiné dans le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul.
Erdogan s’exprimait lors de l’inauguration d’une nouvelle ligne de métro dimanche à Istanbul.
Le chef de l’Etat turc a indiqué qu’il s’exprimera sur l'Affaire Khashoggi, mardi prochain, lors d’une réunion du bloc parlementaire du Parti de la justice et du développement (AKP, au pouvoir).
"Pourquoi 15 personnes sont-elles venues ici? (Elles étaient présentes au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul en conjonction avec la présence de Khashoggi). Et pourquoi a-t-on arrêté 18 autres? (en Arabie saoudite)", s’est interrogé
Erdogan soulignant "qu’il faudrait dévoiler tous ces détails".
Et Erdogan d’ajouter : "Je me prononcerai autrement sur l'Affaire Khashoggi lors de mon discours, mardi prochain, devant le bloc parlementaire, où je donnerai des détails".
Riyad a admis, samedi à l’aube, que le journaliste saoudien, Jamal Kashoggi, a trouvé la mort dans le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul à la suite d’une bagarre qui aurait mal tourné.
Riyad a, également, annoncé l’arrestation de 18 Saoudiens sur fond de l’Affaire Khashoggi. Toutefois, l’Arabie saoudite n’a pas précisé où se trouvait la dépouille du chroniqueur de "Washington Post" disparu depuis le 2 octobre.
De son côté, le roi saoudien a démis de leurs fonctions plusieurs hauts responsables saoudiens, dont Ahmad Hassan Mohammad Asiri, directeur-adjoint des services de renseignements et Saoud al-Qahtani, conseiller au rang de ministre à la Cour royale saoudienne après l’annonce du meurtre de Khashoggi.
Le monarque saoudien a, également, ordonné la formation d’un comité dirigé par son fils, le prince héritier Mohammed bin Salman, pour la restructuration des services de renseignement.
Toutefois, des médias occidentaux ont mis en doute la version officielle d’Arabie saoudite, affirmant qu'elle "soulevait des suspicions immédiates", d’autant plus que Riyad a reconnu pour la première fois le meurtre de Khashoggi après 18 jours de silence.
Vendredi, le "New York Times" a révélé un plan qui pousserait Assiri, un proche du prince héritier, à "servir de bouc émissaire" et à porter toute la responsabilité de l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.
Le journal américain avait également indiqué citant une source turque de premier plan que Khashoggi avait été tué deux heures après son entrée au consulat et y été démembré à la scie, à la manière du célèbre film américain "Pulp Fiction".
Selon la source, de hauts responsables sécuritaires turcs ont conclu que Khashoggi avait été assassiné à l'intérieur du consulat, sur ordre des plus hauts niveaux de la Cour royale.