Servet Günerigök
14 Octobre 2018•Mise à jour: 17 Octobre 2018
AA/ Washington
Si le meurtre de Jamal Khashoggi est confirmé, il faudrait que ses auteurs soient jugés, a déclaré Hatice Cengiz, la fiancée du journaliste saoudien disparu.
L’éditorialiste du Washington Post, a été vu pour la dernière fois le 2 octobre, lors de son entrée dans le consulat d'Arabie saoudite à Istanbul.
Vendredi, plusieurs médias ont rapporté que les autorités turques disposent de preuves audio et vidéo du meurtre de Khashoggi à l'intérieur du consulat.
Dans un éditorial rédigé pour le « New York Times », Cengiz, doctorante à l’université d'Istanbul, a déclaré : "Si nous avons déjà perdu Jamal, alors la condamnation ne suffit pas. Les individus qui nous l'ont enlevé, quelles que soient leurs positions politiques, doivent être tenus pour responsables et punis conformément à la loi".
Les autorités saoudiennes n’ont pour l’heure pas fourni d’explications claires sur le sort de Khashoggi, tandis que plusieurs pays - en particulier la Turquie, les États-Unis et le Royaume-Uni - ont exprimé le souhait que l’affaire soit élucidée dans les plus brefs délais.
Au sujet de l'invitation qui lui a été adressée par le président américain Donald Trump, Cengiz a déclaré qu'elle "envisagerait de l'accepter", dans le cas où Trump contribuait à révéler ce qui est arrivé à son fiancé.
"S'il contribue réellement aux efforts visant à révéler ce qui s'est passé à l'intérieur du consulat d'Arabie saoudite à Istanbul ce jour-là, j’envisagerai d'accepter son invitation", a-t-elle écrit.
"Jamal s'est élevé contre l'oppression, mais il a payé de sa vie la revendication de la population saoudienne pour la liberté", a ajouté Cengiz.
"S'il est mort, et j'espère que ce n'est pas le cas, des milliers de Jamals vont naître aujourd'hui, le jour de son anniversaire. Sa voix et ses idées vont résonner, de la Turquie à l'Arabie saoudite, à travers le monde entier. L'oppression ne dure jamais éternellement. Les tyrans finissent par payer pour leurs péchés ", a-t-elle écrit.
Dans un entretien accordé à la chaîne américaine CBS News, dont certaines parties ont été diffusées samedi, Donald Trump, a menacé Riyad, samedi, "d'une sanction sévère si elle est impliquée dans la disparition du journaliste saoudien, Jamal Khashoggi".
La fiancée de Khashoggi a déclaré à la presse qu'elle l'avait accompagné au siège du consulat saoudien à Istanbul et que ce dernier était entré dans le bâtiment et n’en était jamais sorti.
Les agents consulaires ont nié les propos de Cengiz. Ils ont assuré que Khashoggi avait bel et bien quitté l’édifice le 2 octobre, une trentaine de minutes après y être entré.
Plus tard, des sources de sécurité turques ont révélé que 15 citoyens saoudiens sont arrivés à l'aéroport d'Istanbul à bord de deux avions privés, puis se sont rendus au consulat saoudien au moment de la présence de Khashoggi. Ces ressortissants saoudiens ont par la suite regagné leur pays d'origine quelques heures après leur entrée en Turquie.
Des responsables turcs ont déclaré à leurs homologues américains qu'ils avaient des enregistrements audio et vidéo montrant l’assassinat de Jamal Khashoggi, a rapporté " The Washington Post".