Aksil Ouali
08 Septembre 2026•Mise à jour: 08 Septembre 2026
L’écrivain et journaliste algéro-français, Kamel Daoud vient d’être relaxé par le tribunal correctionnel de Paris qui a statué sur la plainte en diffamation intentée contre lui par Saâda Arabane, une jeune femme algérienne, qui l’accuse d’avoir utilisé son histoire pour le livre prix Goncourt 2024, « Houris ».
La plaignante, rescapée d’un massacre pendant la décennie noire en Algérie, a accusé le romancier de l’avoir diffamée dans une interview publiée par le Figaro en 2025 où il avait déclaré « qu’Alger peut déposer plainte contre Kamel Daoud en France ».
Après le procès, le juge près le tribunal parisien a jugé que « la diffamation n’est pas constituée » dans la déclaration de l’écrivain.
« La partie civile n’est pas identifiable dans le propos qu’elle poursuit et ne rapporte pas la preuve qu’elle a été identifiée par des tiers, la diffamation n’est pas constituée », précise le jugement, révélé, ce mardi, par des médias français.
Considérant que « les poursuites étaient manifestement infondées », le tribunal a condamné, aussi, Saâda Arbane à verser 1 € de dommages et intérêts à Kamel Daoud et 1.500 € au directeur de la publication du Figaro, Marc Feuillée, en réparation de leur « préjudice moral ».
Mais l’avocate de la plaignante, Colomba Grossi, estime que même si elle n’est pas désignée nommément, « il ne fait aucun doute que Mme Saâda Arbane est parfaitement identifiable dans les propos tenus par Kamel Daoud à travers la métonymie "Alger" ».
« Il s'agit d’une attaque préméditée, organisée, relayée pour jeter du poison sur Mme Arbane après avoir été le prédateur de son intimité et sa vie privée en la présentant comme un agent d'un régime honni », avait ajouté son confrère William Bourdon.
Kamel Daoud, rappelons-le, s’est retrouvé, depuis la publication de son dernier roman, au centre d’une véritable polémique qui a commencé en Algérie. Saâda Arbane qui était patiente de la femme de l’écrivain, médecin, a accusé les deux époux d’avoir détourné son dossier médical pour en faire un livre. Elle a alors décidé de porter plainte pour « atteinte à sa vie privée » en Algérie et en France, dont les procès ne sont pas encore programmés.
En avril dernier, Kamel Daoud a annoncé avoir été condamné par un tribunal algérien à trois ans de prison ferme et cinq millions de dinars (environ 32 300 €) d’amende suite à une plainte déposée par une association des victimes de la tragédie des années 1990.
« Fait unique dans l’histoire algérienne : le verdict du procès du 7 avril 2026 est tombé le 21 avril courant. Je suis condamné à trois ans de prison ferme et à cinq millions de dinars algériens d’amende, en application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale (Ce texte interdit d’évoquer ce qui s’est passé pendant la décennie des années 1990 en Algérie, ndlr) », avait écrit l’auteur dans un message publié sur le réseau social X.