Adama Bamba
28 Juin 2026•Mise à jour: 28 Juin 2026
Le député du Rassemblement national (RN), Jean-Philippe Tanguy, a dénoncé dimanche un « fiasco » dans la gestion de la canicule en France, estimant que les autorités ont échoué à anticiper les conséquences des épisodes de fortes chaleurs.
Invité de BFMTV Politique, l’élu de la Somme a critiqué « la politique lamentable depuis vingt ans » menée par les différents gouvernements face aux risques liés aux vagues de chaleur. Selon lui, « la plupart » des décès enregistrés lors de cet épisode caniculaire auraient pu être évités.
Jean-Philippe Tanguy a notamment évoqué les fonds issus de la journée de solidarité instaurée après la canicule meurtrière de 2003, estimant qu’ils auraient dû être davantage consacrés à la protection des populations vulnérables.
Réagissant aux déclarations de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, sur la climatisation, le député RN a affirmé qu’un recours plus large à cette technologie aurait pu permettre d’éviter plusieurs centaines de décès. Il a accusé la ministre de « vivre dans un autre monde » après ses réserves sur la généralisation de la climatisation.
Le responsable du RN a présenté les grandes lignes d’un plan national de climatisation porté par son parti. Celui-ci prévoit, dans un premier temps, l’équipement intégral des écoles, crèches, hôpitaux et établissements pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), pour un coût estimé entre 8 et 10 milliards d’euros.
Dans un second temps, le RN propose d’étendre la climatisation aux bâtiments des collectivités territoriales et aux services publics, notamment les commissariats, pour un investissement supplémentaire évalué entre 5 et 8 milliards d’euros.
Le projet comprend également la mise en place d’un « prêt vert » destiné à faciliter l’acquisition de climatiseurs par les particuliers, l’État prenant en charge les intérêts. Selon Jean-Philippe Tanguy, cette mesure représenterait un coût compris entre 10 et 20 milliards d’euros sur dix ans.
Parallèlement, les services de secours restent fortement mobilisés dans plusieurs régions françaises. Selon BFMTV, Toulouse a enregistré une hausse de 30 à 40 % des appels au Samu ces derniers jours, tandis que le taux d’occupation des urgences a atteint 163 %.
À Paris, le Samu a recensé 80 décès samedi, dont 30 arrêts cardiaques, contre 109 la veille. Ces chiffres ne prennent toutefois en compte que les interventions du Samu et ne reflètent pas l’ensemble des décès enregistrés dans la capitale.
La vague de chaleur continue par ailleurs de toucher une large partie de l’Europe. Selon les estimations relayées par l’AFP, plus de 191 millions de personnes devraient encore être exposées à des températures supérieures à 35°C dimanche, notamment en Allemagne, en Pologne, en Hongrie et en République tchèque.
L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a toutefois signalé une légère baisse de l’activité des urgences et des Samu au cours des dernières 24 heures. L’établissement a néanmoins précisé qu’il était encore trop tôt pour conclure à un retour à la normale.