Ayşe Başhoruz
17 Septembre 2026•Mise à jour: 17 Septembre 2026
AA / Istanbul / Ayse Bashoruz
La ministre déléguée aux Armées Alice Rufo a estimé que la Russie « teste les limites » de l’Otan et de l’Union européenne (UE), avec pour objectif de limiter le soutien à l’Ukraine et de diviser les Européens. Elle a également appelé à renforcer la protection du ciel ukrainien et a évoqué la situation dans les détroits d’Ormuz et de Bab-el-Mandeb ainsi que la dissuasion nucléaire française, lors d’un entretien accordé à BFMTV le jeudi 17 septembre.
Alice Rufo a affirmé que la Russie n’avait jamais fait l’objet d’une posture agressive de la part de la France, estimant au contraire que Moscou avait « envahi un pays souverain en Europe » et « teste nos limites en matière d’hybridité ».
Selon la ministre, la Russie chercherait notamment à limiter le soutien occidental à l’Ukraine et à « impressionner pour diviser au fond l’OTAN et l’Union Européenne ». Elle a ajouté que cette situation « ne va pas s’arrêter » et pourrait « probablement s’intensifier ».
« C’est sérieux, la guerre hybride engagée par la Russie, mais il faut répondre avec méthode et calme », a-t-elle déclaré, appelant notamment à maintenir une posture robuste de l’OTAN à l’est de l’Europe.
La ministre a également insisté sur la nécessité de poursuivre le soutien à l’Ukraine. Elle a notamment évoqué l’intensification des attaques contre le pays, y compris contre les infrastructures civiles.
Selon elle, l’une des urgences consiste à renforcer la protection du ciel ukrainien face aux drones et aux missiles balistiques, notamment grâce à la défense aérienne et antimissile et à la coopération permettant à l’Ukraine de disposer d’une armée de l’air solide.
Alice Rufo a également indiqué que le président ukrainien Volodymyr Zelensky souhaitait la paix, des négociations et un cessez-le-feu, affirmant toutefois qu’« à ce stade le Kremlin refuse ».
Ormuz et Bab-el-Mandeb
Concernant la situation au Moyen-Orient, Alice Rufo a indiqué que la circulation dans le détroit d’Ormuz restait fortement réduite par rapport à la situation précédant la guerre entre l’Iran et les États-Unis.
Elle a également évoqué le détroit de Bab-el-Mandeb et la participation française à l’opération Aspides. Selon elle, deux frégates françaises y assurent la liberté de navigation dans des conditions de sécurité jugées satisfaisantes.
Elle a affirmé que la France était disponible pour contribuer au rétablissement de la liberté de navigation et à la sécurisation des flux à Bab-el-Mandeb. Elle a toutefois souligné que « la posture de la France n’est pas celle des États-Unis dans la région » et a insisté sur la recherche d’une solution politique à la crise au Moyen-Orient.
La dissuasion nucléaire française
Alice Rufo a enfin évoqué la proposition d’Emmanuel Macron concernant une dimension européenne de la dissuasion nucléaire française.
Elle a précisé que les discussions avec les différents pays étaient menées de manière bilatérale et a indiqué que la Finlande avait rejoint la proposition française après la Norvège, tandis que l’Estonie y réfléchissait.
La ministre a toutefois insisté sur le caractère souverain de la dissuasion française : « La dissuasion française n’est pas partagée en l’espèce. » Elle a ajouté que la décision resterait « entièrement dans les mains du président de la République française ».