Serap Dogansoy
16 Septembre 2026•Mise à jour: 16 Septembre 2026
L’industrie française prévoit près de 212 000 recrutements en 2026, mais plus de 100 000 d’entre eux pourraient être difficiles à concrétiser, selon des données de France Travail mises en avant mercredi par le ministère de l’Économie.
Sur les 211 910 projets recensés dans l’enquête annuelle sur les besoins en main-d’œuvre, 47,9 % sont considérés comme difficiles par les employeurs. Près d’un recrutement industriel sur cinq, soit 19,9 %, présente par ailleurs un caractère saisonnier.
Ces chiffres mettent en évidence un paradoxe : alors que l’industrie est placée au cœur des objectifs français de souveraineté, de compétitivité et de réindustrialisation, les entreprises continuent de peiner à attirer les compétences nécessaires à leur développement.
Un déficit d’attractivité persistant
Le ministère reconnaît que l’industrie « peine encore à attirer », quel que soit le niveau de qualification demandé, malgré des besoins couvrant un large éventail de métiers.
Le secteur reste notamment confronté à une image associée aux tâches répétitives et aux conditions de travail difficiles, alors que les entreprises industrielles recourent de plus en plus à la robotique, à l’automatisation et aux technologies numériques.
Le manque de candidats et l’inadéquation entre les compétences disponibles et les besoins des entreprises risquent ainsi de freiner les projets industriels, au-delà des seuls enjeux de financement ou d’implantation des usines.
Faire connaître les métiers industriels
Le ministère a annoncé mercredi l’ouverture des labellisations pour la quinzième Semaine de l’industrie, organisée du 16 au 22 novembre.
Entreprises, fédérations professionnelles, établissements scolaires et organismes de formation pourront proposer des visites, ateliers, forums et rencontres destinés notamment aux jeunes et aux demandeurs d’emploi.
Les candidatures pourront être déposées jusqu’au 9 novembre. L’objectif affiché est de mieux faire connaître les métiers industriels et leurs perspectives de carrière, en particulier auprès des jeunes femmes, encore minoritaires dans plusieurs filières.
Organisée depuis 2011 par la Direction générale des entreprises, la Semaine de l’industrie s’inscrit dans la stratégie gouvernementale visant à renforcer l’attractivité d’un secteur présenté comme essentiel à la transition écologique et à la transformation de l’économie.