Ayvaz Çolakoğlu
08 Octobre 2026•Mise à jour: 08 Octobre 2026
Ankara (AA)
Le député de Paris Aymeric Caron a demandé jeudi au préfet de police de Paris d’interdire le « Salon de l’Alyah » prévu dimanche 11 octobre dans la capitale, estimant que cet événement promeut l’installation de citoyens français dans des colonies israéliennes en territoire palestinien occupé, en violation du droit international.
Le Salon de l’Alyah est un événement d’information et d’accompagnement organisé principalement par l’Agence juive pour Israël, en partenariat avec le ministère israélien de l’Alyah et de l’Intégration et d’autres organismes. Il vise à renseigner les personnes intéressées par l’alyah, terme hébreu désignant l’immigration des Juifs vers Israël, sur les démarches administratives, le logement, l’emploi, l’éducation, la fiscalité, l’assurance maladie et l’intégration.
Des éditions se tiennent régulièrement à Paris, Marseille et Lyon. Celle de Paris est annoncée dimanche de 11 h à 18 h ; des sessions similaires sont prévues le 12 octobre à Marseille et le 13 à Lyon.
Dans une lettre datée du 6 octobre, Caron affirme que le salon « vise à promouvoir, encourager et organiser l’émigration de citoyens français vers l’État d’Israël, et vers des colonies illégales situées sur le territoire palestinien occupé ».
Il souligne la participation de structures qu’il estime impliquées dans la colonisation de la Cisjordanie, notamment l’Agence juive, qui propose selon lui des logements à tarifs préférentiels dans les colonies de Karne Shomron et Kyriat Arba, ainsi que le programme « Lekh Lekha », qui organise l’installation de familles françaises dans des colonies telles que Tal Menashe, Nofim et Alon Shvut.
Le député estime que l’organisation, sur le sol français, d’un tel événement est susceptible de constituer un transfert de population civile vers un territoire occupé, comportement visé par l’article 461-26 du code pénal relatif aux crimes de guerre.
Il invoque également l’article 1er commun aux Conventions de Genève de 1949, qui oblige les États à prévenir toute complicité de crime de guerre, ainsi que des risques d’atteinte à l’ordre public et à la dignité humaine.
Enfin, il juge cette interdiction cohérente avec la récente position du gouvernement français sur l’arrêt de l’importation de marchandises issues des colonies israéliennes.