AA - Issa Ibrahim - Libreville
L'impôt synthétique libératoire (ISL) vient d'être crée au Gabon et sera payé par les entreprises mais aussi par toutes les personnes exerçant une petite activité commerciale, suscitant l'appréhension des petits commerçants.
« Les contribuables soumis à l’Impôt synthétique libératoire doivent s’acquitter d’un droit fixe (…) avant le 28 février de chaque année auprès du Centre des impôts dont ils dépendent » a déclaré Joël Ogouma, directeur général de l'Impôt dans un communiqué publié par voie de presse jeudi 12 février.
Un impôt imputable à toutes "les personnes physiques exerçant une activité commerciale, industrielle ou agricole à titre indépendant dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur à trente millions (30 000 000) de francs CFA (62 706 $) et les contribuables précédemment soumis au régime de base conformément à l’article 135 du Code général des impôts" et dont "le tarifaire varie entre 200 000 francs CFA (418,00 $) et 2,4 millions de francs CFA ( 5016 $) selon la nature de l'activité commerciale" poursuit le communiqué.
"Institué pour susciter l'adhésion à l'impôt pour l'ensemble des contribuables, si "petits soient-ils" " selon M. Ogouma, ce nouvel impôt sucite néanmoins de vives craintes dans les petites commerces du pays.
"Je constate que cet impôt est en contradiction avec la lutte contre la pauvreté que les pouvoir publics appellent à cor et à cri. L'année dernière encore je payais 205 000 francs CFA (428,45 $) de patente à la mairie. Je suis désormais imposable à 575 000 francs CFA (1 201,75 $), L'impôt est passé du simple au triple." , s'exclame, Patrice, un exploitant de taxi à Libreville.
" Dans un contexte où le président nous parle de pacte social, où il propose la lutte contre la pauvreté, on se demande si cette imposition qui veut renforcer l'informel n'est pas en porte-à-faux avec cette démarche ?", se demande Martine, originaire du Bénin, qui vend des fruits à proximité d’une surface commerciale de la capitale gabonaise.
Junior propose ses services les après-midi à ceux qui achètent du poisson frais au marché d’Oloumi dans la zone industrielle de Libreville. Il ne comprend pas que son activité soit désormais soumise à un impôt. " Il paraît que je dois dorénavant payer 200 000 francs CFA (418,00 $) par an. Où vais-je trouver cet argent ? Je travaille au jour le jour pour subvenir à mes besoins, car je suis issu d’une famille pauvre", explique le jeune homme qui dit ne rien comprendre à ce nouvel impôt.
A l’approche de cette échéance, ce nouvel impôt suscite donc appréhensions et interrogations. Ce, d’autant plus que le président de la République, Ali Bongo Ondimba, a instruit le nouveau gouvernement conduit par le Pr Daniel Ona Ondo à faire de la lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales son cheval de bataille. Bon nombre d’observateurs voient dans l’institution de l’ISL, un effet contre productif au moment même où de plus en plus de Gabonais commencent à s’intéresser au commerce et aux petits métiers en grande partie aux mains des expatriés.
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