AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Luz, un des dessinateurs de Charlie Hebdo, a annoncé son départ du journal satirique, dont le siège avait fait l'objet d'un attentat en janvier, résultant par la mort de plusieurs membres de la rédaction.
''Je ne serai plus Charlie Hebdo, mais je serai toujours Charlie'', a affirmé Luz, dans une interview parue à la Libération, le quotidien qui accueille depuis janvier l'ensemble de la rédaction de Charlie Hebdo en son sein. Le départ est ''un choix très personnel'', a confié Luz, qui lui permettrait de ''reprendre le contrôle'' de soi-même.
Luz était par ailleurs le créateur du dessin du prophète Mahomet, publié à la ''Une'' de Charlie Hebdo, dans son premier numéro paru à la suite des attentats. Dans sa déclaration fin avril, il avait annoncé qu'il ne dessinerait plus le prophète, affirmant ne plus s'intéresser à son personnage.
La crise au sein de Charlie Hebdo ne cesse pourtant de s'empirer depuis les attentats. Dans une tribune publiée au Monde fin mars, le collectif de Charlie Hebdo, avait appelé à une ''refondation'' du journal, dénonçant la création d'une fondation par la direction pour gérer les fonds collectés depuis janvier.
Le collectif affirmait être ''exclu'' de cette ''nouvelle formule'' au sein du journal, et notamment de la somme qui dépasse 30 millions d'euros, que la direction a reçue en guise de soutien et de dons. Une des initiateurs de la tribune, Zineb El Rhazoui avait fini par être convoquée le 13 mai à un entretien préalable à un licenciement pour faute grave. Le licenciement d'El Rhazoui n'aura finalement pas lieu, a annoncé RFI, alors que Riss, dessinateur et actuel patron de Charlie Hebdo a justifié la lettre comme un avertissement contre la sociologue franco-marocaine qui ''n'assure pas les obligations de son contrat de travail de façon satisfaisante''.