AA / Bangui / Sylvestre Krock
Près de deux-cents étudiants centrafricains ont manifesté, mercredi, dans la capitale Bangui pour réclamer l’amélioration de leurs conditions d’études et la réouverture du restaurant universitaire.
L’Avenue des Martyrs qui traverse le campus universitaire situé dans la capitale centrafricaine a été hors d’usage pour les véhicules et les motocyclettes durant toute la journée.
Les étudiants en colère ont érigé des barricades sur la voie publique et menacé à coups de projectiles tout véhicule tentant d’entrer au campus.
« Depuis plus de trois semaines, voire un mois, le foyer de l’université de Bangui, celui de l’Institut Supérieur de Développement Rural (ISDR) et de l’Ecole Normale des Instituteurs (ENI) de Bambari ne fonctionnent pas », a déclaré à Anadolu Kévin Yabada, Président de l’Association nationale des étudiants centrafricains (ANECA).
Pourtant, selon Yabada, des démarches ont été menées auprès des autorités du pays afin qu’une solution soit trouvée à ce problème : « malheureusement? jusque-là, aucune réponse favorable ne nous a été adressée. C’est pour cela que nous avons décidé de descendre dans la rue », justifie l’étudiant.
" Nous avons envoyé une lettre d’information à l’adresse du Premier ministre, puis au ministre de l’Education nationale. Ensuite, une lettre de préavis de grève, envoyée à ces mêmes autorités qui nous ont alors répondu par téléphone que la situation allait s’arranger", a encore expliqué Yabada.
"Mais au bout du compte, rien n’a été fait pour répondre au besoin des étudiants qui sont pourtant en période d’examen", s’énerve le porte-parole.
Gérick Bomangué, un des manifestants rencontré par Anadolu, témoigne : « Nous sommes là pour défendre notre intérêt qui est en train d’être bafoué par les autorités. Cela fait plus de trois semaines que nous n’avons pas à manger au campus », déclare-t-il.
« Nos responsables (les cadres de l’ANECA) ont utilisé toutes les voies de recours. Nous trouvons que c’est insupportable et inadmissible de continuer comme ça. Aujourd’hui, nous avons jugé mieux d’agir pacifiquement, mais il faut savoir que nous sommes prêts à passer à la vitesse supérieure, si jamais les autorités ne trouvent pas rapidement une issue à notre problème », menace l’étudiant.
La présence policière a été renforcée autour de l’université, où aucun débordement n’a été signalé.
Dans une déclaration faite à Anadolu, les autorités rectorales ont reconnu la "légitimité" de cette grève, mais ont, toutefois, déclaré "attendre un geste du Trésor public pour la réouverture du restaurant".