AA - Paris - Bilal Muftuoglu
La non-livraison par la France des navires Mistral à la Russie pourrait être deux fois plus coûteuse que la somme annoncée par le gouvernement français, en raison des dépenses engendrées par l'annulation du contrat entre les deux pays.
La France se verrait donc obligée de s'acquitter d'une facture de près de 2 milliards d'euros, contrairement à ce qu'affirmait le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, soit une somme inférieure à 1,2 milliard d'euros, le prix initial des deux Mistral. Selon cette information révélée par "le Canard enchaîné", dans son édition du mercredi 12 août.
Le premier coût, qui n'est pas pris en compte par le gouvernement français, est lié à la transformation des navires, actuellement adaptés aux normes russes.
La restitution des équipements et des technologies russes et l'adaptation éventuelle des navires aux normes de l'OTAN, devraient coûter 200 millions d'euros, selon une source proche du dossier, citée par l'hebdomadaire français. S'ajoute à cela, la marge de la société DCNS, vendeur public des Mistral, qui atteindrait 350 millions d'euros.
L'Etat français devrait par ailleurs rembourser le prix de la conversion des hélicoptères russes K52 en version maritime et l'aménagement du port de Vladivostok en Russie pour l'accostage des Mistral, soit une somme supplémentaire de l'ordre de 100 millions d'euros. Les frais d'entretien du chantier naval de Saint-Nazaire, où sont actuellement stationnés les navires, devraient s'élever à 5 millions d'euros par mois.
Le chantier aurait aussi perdu 400 millions d'euros d'activité commerciale avec l'annulation des contrats, d'après le journal satyrique.
Dans son commentaire au lendemain de l'accord conclu entre Paris et Moscou sur la rupture du contrat, Le Drian avait noté, "le prix de l'accord, qui est le meilleur possible, sera inférieur puisque la Russie sera remboursée des engagements financiers qu'elle a pu mobiliser", sans pourtant annoncer la somme exacte qui sera remboursée par la France.
Selon les responsables russes, cités par le quotidien russe Kommersant, le remboursement serait de l'ordre de 1,16 milliard d'euros.
De nombreux pays souhaiteraient acquérir ces deux Mistral, "car ce sont de très beaux bateaux et ils ont plusieurs usages", avait par ailleurs renchéri le ministre français. L'Egypte et l'Arabie saoudite pourraient être parmi les principaux preneurs des navires, elles seraient en effet "prêtes à tout" pour les acheter, selon une source officielle française, citée par "Le Monde".