AA/ Extrême-Nord ( Cameroun)/ Peter Kum
Les autorités compétentes de l’Extrême-Nord camerounais ont rapatrié, mercredi soir, 413 Nigérians « sans papiers ».
Les rapatriés font partie essentiellement de ceux qui résidaient dans la ville de Kousseri et des rapatriés du Tchad au lendemain du double attentat de N'Djamena qui a récemment fait plusieurs morts.
« C’est une décision prise à Yaoundé. L’opération en question se poursuit dans presque tous les pays de la sous-région ( Cameroun, Tchad, Niger et Bénin). Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et surtout contre Boko Haram, les pays de la sous-région ont décidé de rapatrier tous les étrangers qui ne possèdent pas des documents conformes », a déclaré, jeudi, à Anadolu le gouverneur de la région de l’Extrême-nord, Midjiyawa Bakari, contacté par téléphone.
Pour les Nigérians qui vivent à Kousseri depuis de longues années, amertume et désenchantement sont de la partie. « Je suis à Kousseri depuis 11 ans et je vend des pièces détachées de véhicules. Ca me fait mal d’être renvoyé au Nigeria où je dois recommencer ma vie. Je vais me faire établir un passeport et une carte de séjour et je reviendrai au Cameroun où je vis depuis longtemps. Mon pays est instable. Mon père et mon grand frère ont été égorgés par les combattants de Boko Haram, alors ma sécurité n’est pas assurée au Nigeria », se plaigne Obi Gaius, dans une déclaration à Anadolu.
Acheminés dans des bus, les sans papiers nigérians ont été escortés par la gendarmerie camerounaise à travers des routes sécurisées jusqu’à la frontière nigériane avant de traverser Mubi, ont rapporté à Anadolu des sources concordantes.
Le rapatriement de ces réfugiés intervient au moment où les pays du Bassin du Lac Tchad, à savoir le Nigéria, le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Bénin durcissent les frappes contre Boko Haram. Ce dernier ne cesse pour autant de perpétrer des exactions contre militaires et civils, menaçant de plonger la région dans un bain de sang.