AA/ Bangui/ Nacer Talal
La ministre centrafricaine de la santé et des affaires humanitaires, Marguerite Samba, a manifesté, dimanche, sa désapprobation quant au départ des derniers musulmans du quartier musulman de Bangui PK12, a rapporté le correspondant d'Anadolu sur place.
Alors que les derniers musulmans du quartier PK12 s'apprêtaient à quitter la capitale vers le Nord du pays, Marguerite Samba, ministre de la santé publique et des affaires humanitaires, s'est rendue, dimanche, à ce quartier musulman. Elle a fait part au responsable de l'Organisation Internationale des Migrations (OIM) de sa désapprobation quant à ce départ, arguant que l'aval du Gouvernement faisait défaut.
« Le coordinateur humanitaire par intérim (de l'OIM) m’a dit, hier, que toutes ces informations concernant ce départ n'étaient que des rumeurs. Il m'a assuré que ce n’était pas vrai et qu’il va attendre la notification du Gouvernement», a tonné Marguerite Samba, «De ma part, je leur ai bien dit que le Gouvernement allait leur donner son avis en début de semaine. Aujourd’hui nous recevons l’info que le convoi part»
Durant cette brève rencontre en présence de journalistes, le responsable de l'OIM, qui était sur place à l'arrivée de la ministre, n'a pas donné à la ministre sa version des faits, celle-ci l'a interrompu en lui notifiant "qu'il sera discuté de cela plus tard."
Les derniers musulmans de PK12,de l'ordre de quelques dizaines, devaient être escortés, ce dimanche, par des contingents des forces africaines sur le terrain (MISCA) jusqu'à la ville de Kabo, dans le nord-ouest du pays, dans la préfecture d'Ouham.
Ce départ intervient après des affrontements, dans la nuit du jeudi à vendredi, au PK5, un autre quartier musulman de Bangui, entre des hommes armés et des soldats français, faisant 7 morts, selon un rapport de la mission onusienne en Centrafrique, la MINUSCA.
Cet évènement a provoqué, vendredi, des manifestations d'hostilités contre la présence française à Bangui. Le slogan "dégage" a été proféré à l'endroit d'une patrouille de l'opération française "Sangaris", selon le correspondant d'Anadolu, lors de l'enterrement d'une "victime civile" de ces accrochages, selon les habitants quartier, et de deux autres musulmans, "trouvés égorgés" une dizaine de jours plutôt, selon des témoignages recueillis sur place. Le cimetière se situant en dehors du quartier musulman, les cadavres sont restés dans la mosquée d'Ali Babolo en attendant l'escorte et l'assistance nécessaire de la Croix-rouge. Devant le retard accusé par celle-ci, les trois corps ont été enterrés en pleine rue, dans une seule tombe, selon le correspondant d'Anadolu.
L'évacuation des musulmans, quoique fondée par des considérations de sécurisation, ne fait toutefois pas l'unanimité au sein des autorités centrafricaines ainsi que de chez des dignitaires religieux chrétiens et des acteurs de la société civile. Les craintes émises se rapportent au scénario où les évacuations en masse aboutiront à une partition du pays entre un nord musulman, et un sud chrétien.