AA - Ankara - Hamza Gedikoğlu
Le procès contre Clandestinité nationale-socialiste (NSU), groupuscule d'extrême droite accusé d'avoir tué dix personnes, dont huit Turcs, en Allemagne entre 2000 et 2007, marque son premier anniversaire le mardi 6 mai.
L’accusée principale Beate Zschaepe a exercé son droit de garder le silence. Les deux autres membres de NSU, organisation clandestine d’extrême droite fondée au début des années 2000, Uwe Bohnhardt et Uwe Mundlos, ont trouvé la mort dans un cas de meurtre-suicide suite à une tentative de braquage de banque en 2011.
"Plus jamais le pouvoir judiciaire et la police ne devraient rester aveugle devant les racistes, xénophobes ou autres", a déclaré Heiko Maas, le ministre allemand de la Justice dans un communiqué le lundi 5 avril.
Heiko Maas a présenté un projet de loi qui stipule que les actes à caractère raciste recevront des peines plus sévères. Le projet de loi, qui prévoit également une expansion des prérogatives du procureur général de prendre en charge des enquêtes "des autorités locales", plus rapidement et plus facilement, est actuellement soumis au vote au parlement.
"Sans la relation étroite entre les services de sécurité de l'Etat avec les terroristes d'extrême droite et sans la minimisation aujourd’hui de la violence néo-nazie, les meurtres racistes de NSU n’auraient pas été possibles, a déclaré le député de l’opposition de gauche Sevim Dagdelen. On hésite dans l'enquête sur le rôle de l'Etat et cela continue toujours au premier anniversaire du procès de NSU".
Après un an de procès, certains doutes ont été émis dans les médias allemands sur le rôle exact des informateurs secrets de la police et des services de renseignements qui ont depuis longtemps infiltré le milieu social du groupe d'extrême-droite. Cependant, aucune preuve d'une relation entre les fonctionnaires de l'Etat et le groupe NSU n'a encore été confirmé.
Le procès à la Cour suprême de Munich continue et, jusqu'ici, a vu 246 témoins et experts. La principale suspecte Beate Zschaepe est demeurée silencieuse pendant tout le procès. Ses avocats confirment qu'elle continuera à exercer son droit de garder le silence.
L'affaire a révélé de graves défaillances et des lacunes dans la lutte de la police et des services de renseignements allemandes contre les groupuscules d'extrême droite.