Mourad Belhaj
16 Février 2021•Mise à jour: 16 Février 2021
AA / Le Caire
Le président égyptien Abdelfattah Al-Sisi a défini, mardi, les caractéristiques de ce qu’il considère être "une bonne opposition" dans son pays.
C'est ce qui ressort de l'allocution du président égyptien, publiée par les médias locaux, lors de I'inauguration d'un complexe médical dans le gouvernorat d'Ismaïlia (nord-est).
Selon Al-Sisi, "les gens ont le droit d'exprimer leur opinion et de s'opposer, et il doit y avoir une bonne opposition".
Il a expliqué ce qui constitue, selon lui, une bonne opposition, à savoir "celle qui parle des problèmes de la vie et de I‘incapacité du gouvernement à les traiter ", à condition que celui qui parle "comprenne ce qu'il avance".
Al-Sisi estime que l'objectif de l'opposition et de l'expression d'une opinion devrait "être d'améliorer les conditions de vie des gens".
Il a ajouté que "l'État égyptien est extrêmement sérieux, honnête et sincère", notant que cela "allège la charge qui pèse sur l'opinion publique et sur l'opposition".
Le Président égyptien a souvent critiqué les opposants à son régime, ces dernières années, en les accusant de vouloir saboter le pays et ainsi compromettre les réalisations de son gouvernement. Il a averti plus d'une fois que ce qui s'est passé lors de la révolution du 25 janvier 2011, entraînant un changement du régime, ne se reproduira plus pendant son mandat.
Selon certains observateurs de la scène politique égyptienne, le Caire est dans l'expectative depuis l'élection du nouveau président américain, Joe Biden, au vu des critiques formulées lors de sa campagne concernant la situation des droits de l'homme et la restriction des libertés en Egypte.
Avec l'arrivée de Biden à la présidence des Etats-Unis, les autorités égyptiennes ont récemment libéré un certain nombre d'opposants, de défenseurs des droits de l'homme et de journalistes qui avaient été placés en détention sans avoir eu droit à un procès, ou sur la base d'accusations motivées par des considérations politiques. Le plus récent étant le journaliste de la chaine qatarie d'Al-Jazira, Mahmoud Hussein, qui a été libéré après 4 ans de détention sans procès.
L'Égypte fait l'objet de critiques de la part de la communauté internationale concernant la restriction des libertés et l'arrestation de dissidents, mais le Caire ne cesse d'affirmer sa volonté de respecter la loi et les principes des droits de l'homme.
Les opposants égyptiens à l'étranger comptent sur l'intervention du nouveau président américain, Joe Biden, pour faire pression sur son homologue égyptien dans le dossier des droits et des libertés.
Al-Sisi, ancien ministre de la défense, est au pouvoir depuis 2014, après avoir remporté les premières élections présidentielles qui ont suivi l'éviction par l'armée de l'ancien président Mohamed Morsi, à l'été 2013.
Le Caire affirme que ses relations avec Washington sont empreintes d'équilibre, basées sur la coopération et les intérêts communs, et que l'Etat respecte les lois et n'a aucune gêne à évoquer le dossier des droits de l'homme.
*Traduit de l’Arabe par Mourad Belhaj