Esma Ben Said
30 Novembre 2017•Mise à jour: 30 Novembre 2017
AA/France/Fawzia Azzouz
Le président français Emmanuel Macron a annoncé mercredi lors d'une interview accordé à France 24 depuis Abidjan où il est en visite, la mise en place "d'actions concrètes militaires et policières" en Libye, après le scandale international de vente de migrants dans le pays.
Après avoir tenu un discours très applaudi mardi dans une université de Ouagadougou (Burkina Faso), le chef de l'Etat français, en visite en Afrique depuis lundi soir, s'est rendu en Côte d'Ivoire à l'occasion de l'ouverture du sommet Union Européenne (UE)/Union Africaine (UA) qui se tient mercredi et jeudi dans la capitale économique ivoirienne.
Le chef de l'Etat a accordé mercredi une interview durant laquelle il s'est très largement épanché sur les problématiques rencontrées par les pays africains. Concernant la vente de migrants réduit en esclavage en Libye, il a annoncé la mise en place "d'actions concrètes militaires et policières" pour éradiquer ce qu'il qualifie de "crime contre l'humanité".
Les modalités de ce plan doivent être étudiées lors d'une réunion d'urgence organisée mercredi soir, entre certains membres du conseil de sécurité de l'ONU et des pays de l'UE et UA dont la France, le Niger, le Tchad.
Le président Macron a par ailleurs exprimé sa volonté de voir l'Union Africaine accompagner des processus démocratiques dans les pays où le pouvoir est détenu par les mêmes personnes pendant trop longtemps, estimant que "l'alternative démocratique n'est pas une évidence dans certains pays" avant de préciser que "ce n'est pas à la France de s'en saisir".
Emmanuel Macron est également revenu sur l'épisode de mardi, où il avait fait rire des étudiants à Ouagadougou en déclarant que le président burkinabé Roch Christian Kaboré était "allé réparer la climatisation". Il s'est expliqué en affirmant que son homologue Burkinabé "a souri" et qu''ils ont d'excellentes relations.
La question du terrorisme a évidemment pris une place prépondérante dans les déclarations du chef de l'Etat. Regrettant qu'il y ait eu " des défaites de nos alliés en Afrique" et qu'ils ne réussissent pas "à éradiquer durablement les groupements" terroristes, il a affirmé avoir "obtenu qu'il y ait de nouveaux financeurs" et que "les pays de l'UE financent les dispositifs de lutte".
Il a par ailleurs expliqué se rendre dans prochains mois en Iran et la semaine prochaine au Qatar dans le cadre d'un renforcement de la lutte contre le terrorisme. Les deux pays, ainsi que l'Arabie Saoudite, ont accepté de participer à Paris au prochain sommet destiné à la lutte contre le financement du terrorisme, a-t-il également indiqué.
« Je constate en tout cas que dans les discussions que nous avons eues, dans les engagements qu’ils sont prêts à prendre, il y a un changement de ton - et c’est une première -, qu’ils sont prêts à venir au sommet à Paris de lutte contre le financement des groupements terroristes (l'an prochain) et que nous aurons derrière des engagements concrets », a-t-il souligné. « Moi je ne crois qu’au concret », a-t-il encore dit.
Emmanuel Macron a conclu son interview en condamnant les tirs balistiques faits par la Corée du Nord, mardi soir. il a affirmé compter sur "la Russie et la Chine pour prendre les sanctions les plus efficaces contre la Corée".