Lassaad Ben Ahmed
01 janvier 2018•Mise à jour: 01 janvier 2018
AA/Desk/Lassaad Ben Ahmed
La nouvelle année commence par une augmentation des prix touchant plusieurs produits de grande consommation en Tunisie.
Il s’agit en premier lieu du prix du carburant à la pompe qui a été majoré de 50 millimes (0,2 dollar), à partir du 1er janvier. Ainsi, le litre d’essence sans plomb passe à 1,8 dinar (0,72 dollar), le gasoil 50 (sans souffre) à 1,56 dinar (0,624 dollar) et le gasoil ordinaire à 1,28 dinar (0.512 dollar).
L’explication donnée par le ministère de l’Energie et des mines avance la thèse de la hausse des cours du pétrole à l’international (+66 dollars le baril de pétrole) et la dévaluation du dinar par rapport aux principales devises étrangères.
Mais là n’est pas tout. La loi de finances 2018, adoptée par la Chambre des représentants du peuple depuis le 9 décembre 2017, a revu à la hausse plusieurs taxes, dont notamment la TVA et la taxe à la consommation de plusieurs produits. Parmi ces produits, figurent en première ligne les logements,+3%.
Viennent ensuite les taxes appliquées sur les contrats d’assurances qui passent de 10 à 12%, les recharges téléphoniques (+40 millimes /1 dinar), les timbres fiscaux relatifs aux documents commerciaux et administratifs, etc.
Ce, sans compter les augmentations annoncées pour 2018 dans les tarifs de l’électricité, de l’eau potable et du gaz naturel, du fait de l’augmentation de la TVA.
Ces augmentations auront des effets négatifs sur le pouvoir d’achat, déjà érodé, selon plusieurs économistes, organisations de défense du consommateur et partis politiques.
L’Union générale tunisienne des travailleurs (UGTT), n’a pas cessé de déplorer la baisse continue du pouvoir d’achat des salariés et d’avertir contre une contraction de la classe moyenne.
«Maintenir de telles réformes pourraient avoir des répercussions négatives sur la situation sociale et alimenter un climat de tension», avait averti la centrale syndicale depuis la publication en octobre 2017 du projet de la loi de finances 2018.
Pour les entreprises, la loi de finances 2018 a imposé des contributions exceptionnelles au titre du budget de l’Etat, dont certaines ont été contestées par les corps professionnels, en l’occurrence le patronat.
Ainsi faisant, le gouvernement tunisien reconnaît une grande difficulté à équilibrer son bilan.
Cette difficulté vient principalement de la charge salariale dans la fonction publique, mais dont les répercussions ont été projetées sur la balance des paiements (déficitaire de +30%), l’endettement public (+70% du PIB) et la valeur du dinar tunisien qui a perdu plus de 40% depuis 2011 par rapport aux principales monnaies étrangères, l’euro et le dollar.
Face à cette situation, le gouvernement d’union nationale présidé par Youssef Chahed a annoncé depuis plusieurs mois des mesures «douloureuses» pour rééquilibrer la balance. Ces mesures ont été déclinées sur plusieurs secteurs, à savoir, l’augmentation des taxes, la réforme du système de compensation, l’adoption de mesures exceptionnelles pour les entreprises et la rationalisation des importations considérées comme non essentielles.
Il est également prévu de procéder à un assainissement social dans la fonction public, par le biais duquel 10 mille employés seraient concernés par le départ à la retraite anticipée dès 2018.