Adel Bin Ibrahim Bin Elhady Elthabti
03 Janvier 2022•Mise à jour: 04 Janvier 2022
AA / Tunis
Une ONG tunisienne a affirmé, lundi, avoir rencontré le vice-président du mouvement Ennahadha, Noureddine Bhiri, dans un hôpital et qu'il avait entamé une grève de la faim "sauvage".
"Nous avons rencontré M. Bhiri, dimanche soir, dans un hôpital de Bizerte (nord), en compagnie d'une délégation du Haut-commissariat des droits de l'homme de l'ONU", a ainsi déclaré à l'Agence Anadolu, le président de l'Instance tunisienne pour la prévention de la torture, Fethi Jarray.
Jarray a indiqué que "Bhiri (63 ans) avait entamé une grève de la faim sauvage".
Dimanche soir, le dirigeant du mouvement Ennahdha Riadh Chiibi, a fait savoir que Bhiri avait été hospitalisé, qu'il était dans un "état grave" et qu'il "affrontait la mort", dans la mesure où "il s'abstenait de nourriture, d'eau et de médicament, depuis trois jours".
Jusqu'à 11h30 (TU), les autorités tunisiennes n'ont émis aucun commentaire au sujet de Noureddine Bhiri.
Cependant, le ministère de l'Intérieur avait déclaré dans un communiqué émis lors de son arrestation que "deux personnes ont été mis en résidence surveillée, conformément à la loi régissant l'état d'urgence, dans le but de préserver la sécurité et l'ordre général".
Le ministère de l'Intérieur n'avait pas précisé les noms des personnes mises sous résidence surveillée, mais il avait rassuré de respecter "les garanties indiquées dans la Constitution, notamment en ce qui concerne les conditions d'hébergement et l'assistance médicale nécessaire aux personnes concernées".
Le mouvement "Ennahdha" avait, pour sa part, tenu pour responsables, le Président Kais Saïed et le ministre de l'Intérieur Taoufik Charfeddine, de ce qu'il avait qualifié "d'enlèvement" du dirigeant Bhiri.
Noureddine Bhiri est avocat et politicien. Il avait occupé le poste de ministre de la Justice de 2011 à 2013 avant de devenir ministre délégué auprès du chef du gouvernement de 2013 à 2014.
Depuis le 25 juillet dernier, la Tunisie vit au rythme de mesures exceptionnelles, notamment la suspension des prérogatives du Parlement, la levée de l'immunité parlementaire des députés, la suppression de l'Instance de contrôle de la constitutionnalité des lois et l'utilisation des décrets-lois pour légiférer, ainsi que le limogeage du chef du gouvernement et la désignation d'une femme au poste de Premier ministre, Najla Bouden.
Ces mesures sont rejetées par la plupart des puissances politiques et civiles en Tunisie, les considérant comme "coup d'Etat contre la Constitution", alors que d'autres composantes les considèrent comme correction du processus révolutionnaire de 2011, ayant mis fin au règne du président de l'époque, Zine El-Abidine Ben Ali (1987-2011).