Esma Ben Said
02 Novembre 2017•Mise à jour: 03 Novembre 2017
AA/Tunis/Bouazza Ben Bouazza
L'officier de police grièvement blessé mercredi au couteau par un extrémiste devant le parlement à Tunis est décédé jeudi, a appris l’agence Anadolu auprès du service du porte-parole du ministère de l'intérieur Yasser Mesbah.
Le commandant Riadh Barrouta, atteint au cou, a subi une opération chirurgicale délicate et était placé depuis en réanimation, son état étant jugé critique par les médecins qui se sont montrés réservés dans leur diagnostic malgré l'arrêt de l'hémorragie. Il a succombé à ses blessures moins de 24 heures après.
A la suite de cette attaque qui a fait un autre policier légèrement blessé, les syndicats des forces de sécurité ont, dans un communiqué, lancé un ultimatum au gouvernement et au parlement pour qu’ils accélèrent un projet de loi en instance visant à « assurer la protection » des policiers contre les agressions auxquelles ils sont la cible régulièrement.
L’assaillant, âgé de 25 ans, qui a été arrêté peu après l’agression, par la patrouille en poste sur les lieux, a avoué, lors de son interrogatoire, être un adepte de la « pensée takfiriste », radicale qui considère les policiers et l’armée comme des « taghouts » (despotes) et que leur mort est, pour les partisans de cette pensée, une sorte de « jihad », une lutte pour la cause divine qui les conduit au paradis, selon un communiqué du ministère.
Selon un cadre de la sécurité, Jamel Jarboui, il parlait aux enquêteurs « avec sang froid et ne semblait pas regretter son acte ».
« Je suis prêt à tuer tout policier que je rencontre », a-t-il dit pendant son premier interrogatoire.
Selon le porte-parole du parquet Sofiane Selliti, l’agresseur identifié comme étant Zied Gharbi, est titulaire d’un diplôme d’informatique et était chômeur.
Il a déclaré que l’auteur de l’attaque a avoué qu’il envisageait de rejoindre des groupes terroristes en Libye, pays voisin de la Tunisie, en proie au chaos depuis la chute de l’ancien dictateur Mouamar Kadhafi en 2011.
Le porte-parole de la sécurité intérieure Walid Hakima, a, quant à lui, affirmé que l’assaillant n’appartenait à aucune organisation terroriste et qu’il a adopté la pensée takfiriste à travers internet.
L’attaque a eu lieu près du musée du Bardo de Tunis où deux assaillants, formés en Libye, avaient tué en mars 2015, 21 touristes étrangers à l’aide de fusils Kalachnikov.
Auparavant, les partisans d’organisations extrémistes, telles « Ansar Al Chariaa », une branche d’Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) qui a fait allégeance à Daech (ISIS), s’attaquaient aux forces de l’ordre dans les régions de l’intérieur, notamment sur les montagnes de Kasserine, proches de la frontière algérienne.