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Tunisie: Marche de protestation contre la "répression policière"

- Suite à la mort d'un jeune homme entre les mains de la police et l'agression d'un mineur qui a éte lynché et déshabillé par les forces de sécurité, lors de manifestations dans la capitale.

Yosra Ouanes   | 19.06.2021
Tunisie: Marche de protestation contre la "répression policière"

Tunisia

AA / Tunis

Des dizaines de Tunisiens ont participé, ce vendredi, à une marche de protestation à l'initiative d'organisations civiles dans la capitale, Tunis, pour dénoncer la "répression policière".

Le correspondant de l'Agence Anadolu a rapporté que les manifestants ont dénoncé la "répression policière" des manifestations qui ont eu lieu la semaine dernière contre la détérioration des conditions sociales dans le quartier populaire de "Sidi Hassine", à l'ouest de la capitale.

Ces manifestations ont été marquées par la mort d'un jeune homme (Ahmed) après avoir été violemment battu par les forces de sécurité ainsi que par l'incident de l'agression d'un jeune homme mineur (Fadi/15 ans), déshabillé de force et lynché par des policiers.

La marche avait pour point de départ la statue d'Ibn Khaldoun située sur l'Avenue Habib Bourguiba, en plein centre-ville et s'est dirigée vers le siège du ministère tunisien de l'Intérieur, où les manifestants ont été empêchés de franchir les barrières de sécurité.

Les manifestants ont scandé : "Libertés, libertés ... l'État policier c'est terminé !", et "Ni peur, ni terreur, la rue appartient au peuple".

Parmi les organisations civiles participant à la manifestation figurent entre autres, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), La Ligue tunisienne des droits de l'Homme, l'Union générale des étudiants de Tunisie, l'Association des femmes démocrates.

"La répression des Tunisiens s'est accentuée à tel point qu'on assiste à la mort d'un citoyen dans des circonstances suspectes, voire un enfant lynché et dénudé au bord de la route", a indiqué à l'Agence Anadolu, le président du SNJT, Mohamed Yassine Jelassi.

Et Jelassi d'ajouter : "Ce qui est encore plus grave, c'est l'impunité dont jouissent les policiers ayant commis ces crimes, qui ne sont pas poursuivis par le ministère de l'Intérieur, lequel, refuse de les traduire en justice et se contente uniquement de les suspendre de leur travail".

"Ce que le pays traverse actuellement c'est une tentative très claire de laisser libre cours aux pratiques répressives et remettre les Tunisiens dans le pré carré de la tyrannie", a souligné le président du SNJT.
De son côté, Hamma Hammami, secrétaire général du Parti des travailleurs (de gauche) a déclaré à l'Agence Anadolu qu'il "a choisi de participer à cette manifestation avec les jeunes pour dénoncer la répression des libertés".

Il a estimé que "la liberté est un acquis qui a été arraché dans le sang et ne doit pas être abandonné (...) l'Etat fasciste et policier refait surface dans l'ombre de l'impunité".

Hammami a appelé à "la nécessité de résister, à ne pas revenir en arrière", précisant que la seule solution demeure le renversement du système au pouvoir actuel qui, selon lui, veut ramener la Tunisie dans le pré carré de la tyrannie".

Vendredi, le ministère de l'Intérieur a reconnu, via un communiqué, l'incident relatif à l'agression du jeune homme et a fait état de l'arrestation des policiers qui y sont impliqués.

Le même jour, le Président Kaïs Saïed a effectué une tournée d'inspection à "Sidi Hassine", où il a rencontré les habitants de la région, qui ont dénoncé les violences policières survenues dans le quartier.



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