Yosra Ouanes
04 Mai 2023•Mise à jour: 04 Mai 2023
AA / Tunisie / Yosra Ouanes
Le leader du Front de salut national, Ahmed Nejib Chebbi, a déclaré, ce jeudi, qu'il risquait "l’arrestation" dans le cadre de l'affaire médiatisée sous le nom de "complot contre la sûreté de l'Etat".
C’est ce qui ressort d'une conférence de presse dans la capitale Tunis, concernant la convocation de plusieurs avocats par la justice, dans le cadre de l'affaire dite du “complot“.
L'agence de presse tunisienne a rapporté, mercredi, les propos du président de l'Ordre régional des avocats de la capitale, Laroussi Zguir, qui a affirmé qu’"une instruction a été ouverte contre quatre avocats, à savoir Bochra Belhaj Hmida, Ayachi Hammami, Ahmed Nejib Chebbi, et Noureddine Bhiri (actuellement incarcéré)" dans le cadre de cette affaire.
Chebbi a affirmé : “Nous risquons d'être arrêtés et nous serons convoqués dans le cadre de l’enquête sur des accusations de complot contre la sécurité de l'État“.
"Une deuxième liste, qui a été publiée il y a environ un mois, inclut 27 personnalités politiques qui feront l'objet d'une enquête directe dans la même affaire", a ajouté Chebbi.
Et de préciser : "Parmi lesquels l'activiste politique, Mohamed Hamdi, l'ancien chef de l'instance électorale, Kamal Jendoubi, et le conseiller du chef du mouvement Ennahdha, Riadh Chaïbi".
"Nous risquons la prison, qui ne nous intimide pas, et n’intimide pas ceux qui ont des principes et des opinions […] Je ne coopérerai pas avec le juge qui a suffisamment de données, et je n'y ajouterai rien, en confirmant ou en réfutant. Notre bataille est contre l'autorité exécutive et son domaine n'est pas le judiciaire, mais plutôt le l'arène politique", a fustigé le leader politique.
L'activiste politique Mohamed Hamdi a, pour sa part, déclaré lors de la conférence de presse, que son nom figurait "dans une liste liée à l'affaire de complot contre la sécurité de l'État, et que cela était lié à son opinion politique vis-à-vis de l'autorité actuelle".
Il a affirmé que "la prise à partie des opposants, des activistes, des politiciens et des avocats est le véritable complot du pouvoir contre ses opposants (...). Nous ne voulons pas d'un complot, et nous n'en avons pas les moyens".
“Nous avons le droit de ne pas être d'accord avec l'autorité, et nous refusons que ce droit soit confisqué et criminalisé", a ajouté Hamdi.
Jusqu'à 14 h 10 (GMT), les autorités tunisiennes n'avaient encore émis aucun commentaire concernant ces déclarations, mais, de manière générale, elles les réfutent en affirmant leur attachement à l'indépendance de la justice, aux droits et aux libertés.
Depuis le 11 février, une campagne d'arrestations est menée en Tunisie contre des hommes politiques, des professionnels des médias, des activistes, des juges et des hommes d'affaires. Le président tunisien Kaïs Saïed accuse certaines personnalités arrêtées de comploter contre la sécurité de l’Etat et d’être les instigateurs des pénuries de distribution des denrées et de la flambée des prix".
Saïed a souligné à plusieurs reprises l'indépendance des autorités judiciaires, mais l'opposition l'accuse d'instrumentaliser la justice pour poursuivre ceux qui rejettent les mesures d’exception imposées depuis le 25 juillet 2021, causant une crise politique aiguë dans le pays.
* Traduit de l’arabe par Mounir Bennour.