Lassaad Ben Ahmed
23 Avril 2018•Mise à jour: 23 Avril 2018
AA / Tunis / Bouazza Ben Bouazza
Fait rare qui témoigne de l'acuité que prend la crise opposant le gouvernement et le syndicat de l'enseignement secondaire, le président tunisien Béji Caïd Essebsi a reçu, dimanche, au palais de Carthage, le secrétaire général de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), Noureddine Taboubi.
La rencontre a porté sur les moyens susceptibles de surmonter les différends entre le ministère de l'Education et la Fédération générale de l’enseignement secondaire, a indiqué une source syndicale sans donner plus de précisions.
Cette entrevue a eu lieu le jour même où l’Association tunisienne des parents d'élèves a appelé le président de la République à l’urgence d’intervenir pour régler le différend perdurant entre le syndicat et le gouvernement et permettre aux élèves de regagner les classes à partir de lundi.
Dans une déclaration, dimanche, l’association considère que la solution réside inévitablement dans le rapprochement des points de vues et le lancement d’un “débat responsable, plaçant l’intérêt des élèves et celui du pays au dessus de toute autre considération”.
La persistance de la crise qui nuit aux élèves, au même titre qu’aux éducateurs, met la patience des parents à rude épreuve et les plonges dans l’inconnu, regrette l’association dans sa déclaration.
L’association estime qu’il est insensé de promettre qu’il n’y aura pas d’année blanche et que les examens auront bien lieu, alors que dans les faits, les tons durcissent des deux côtés et les élèves sont toujours privés de leurs cours à quelques semaines des examens de fin d’année.
Le secrétaire général de la centrale syndicale avait assuré, la veille, que le syndicat œuvre à concilier entre la préservation des intérêts des enseignants et la réussite de l’année scolaire.
S’exprimant devant la presse, à l’issue de la réunion du bureau exécutif de l’UGTT, il a déclaré que la position de la centrale syndicale sur la crise de l’enseignement secondaire sera connue lors de la réunion de la Commission administrative prévue mardi.
Dans ce qui semble être un dialogue de sourds, chaque partie continue de rejeter sur l'autre la responsabilité du blocage actuel et s'accusent mutuellement de poser des conditions pour la reprise du dialogue.
Alors que le chef du gouvernement Youssef Chahed a appelé les enseignants à reprendre, lundi, les cours et à lever la rétention des notes des examens du premier semestre pour que le dialogue reprenne avec le ministère le jour même, le secrétaire général du syndicat du secondaire Lassaad Yaacoubi a, lui, lancé dimanche un ultimatum pour jeudi prochain.
Réunie dimanche, la commission administrative de la Fédération de l’enseignement secondaire a, en effet, décidé la poursuite de la suspension des cours dans tous les lycées et collèges de la République.
Elle affirme qu’elle est ouverte au dialogue avec le ministère de l’Education, et disposée à lever la décision de suspension des cours dès l’ouverture des négociations. Lesquelles doivent démarrer avant jeudi prochain.
Elle s'engage, en cas d’accord, de restituer les notes scolaires à l’administration, et consacrera les prochaines vacances scolaires à des cours de rattrapage de ceux non dispensés durant la grève.
En attendant, chaque jour de grève des enseignants du secondaire coûte à la communauté nationale cinq millions de dinars, selon une source responsable au ministère de l’Education.
L e coût global des revendications de la fédération a dépassé les 506 millions de dinars, a révélé la source.