Mustafa M. M. Haboush
04 Janvier 2022•Mise à jour: 04 Janvier 2022
AA / Tunisie
Le président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH), Jamel Msallem, a appelé, mardi, le ministère de l'Intérieur à clarifier les circonstances de l'arrestation du vice-président du mouvement "Ennahdha", Noureddine Bhiri.
Msallem a déclaré à l'agence de presse officielle tunisienne TAP, que " le ministère de l'intérieur est appelé aujourd'hui à clarifier les circonstances de l'arrestation de Noureddine Bhiri, et à préciser s'il a été porté atteinte à l'intégrité physique de l'intéressé et à celle de son épouse. "
Il a ajouté que "le ministre tunisien de l'Intérieur, Taoufik Charfeddine, n'a pas abordé hier, lundi, les circonstances de l'arrestation de Noureddine Bhiri."
Et de poursuivre : "Cette clarification est importante pour ne pas se limiter à la version des faits présentée par l'épouse de Noureddine Bhiri, Saïda Akremi, qui parle de kidnapping, de séquestration et de disparition forcée."
Jamel Msallem a souligné que la LTDH " tient à ce que la vérité soit révélée à l'opinion publique et à ce que les agresseurs répondent de leurs actes, en cas de violences, étant donné son rejet de toute forme d'agression et d'impunité."
Il a également indiqué que la ligue avait déjà soumis à la Présidence de la République "un rapport sur des centaines d'agressions survenues dans les commissariats de police, sans que les agresseurs ne répondent de leurs actes et en accordant l'impunité aux agents des services de sécurité."
Le ministère de l'Intérieur n'a pas commenté les déclarations de Msallem jusqu'à 12h30 GMT.
Lundi, le ministre de l'Intérieur a annoncé que Bhiri et l'ancien conseiller du ministère de l'Intérieur Fathi Baldi avaient été placés en résidence surveillée pour "suspicion de terrorisme", au motif de délivrance de documents de voyage et des documents de citoyenneté de manière "illégale".
Dimanche soir, un dirigeant d'Ennahdha, Riadh Chaibi, a déclaré que Bhiri avait été transporté à l'hôpital, qu'il était dans un "état très grave" et qu'il " pourrait être en danger de mort", ajoutant qu'il était "depuis trois jours sans nourriture, sans eau et sans médicaments".
La Tunisie traverse une grave crise politique depuis le 25 juillet dernier, sur fond de mesures d'exception, notamment le gel des compétences du Parlement, la levée de l'immunité de ses députés, la suppression de l'organe de contrôle de la constitutionnalité des lois, le limogeage du Premier ministre et la nomination de Najla Bouden à la tête d'un nouveau gouvernement.
La majorité des forces politiques et civiles en Tunisie rejettent ces mesures et les considèrent comme un "coup d'État contre la constitution", tandis que d'autres forces les soutiennent et y voient une "correction du cours de la révolution de 2011", qui a renversé le pouvoir du président de l'époque, Zine El Abidine Ben Ali (1987-2011).
*Traduit de l’Arabe par Mourad Belhaj