Hend Abdessamad
05 Décembre 2020•Mise à jour: 05 Décembre 2020
AA/ Tunis
Des centaines de Tunisiens se sont rassemblés, samedi, à Jendouba (nord-ouest), pour protester contre la détérioration de la situation socioéconomique.
La manifestation a été organisée devant le siège du gouvernorat, après le décès d'un jeune médecin suite à un accident d’ascenseur dans l’hôpital de la région.
Les protestants ont appelé les responsables à apporter plus d’intérêts au gouvernorat et à appliquer un vrai programme de développement, selon le correspondant de l’Agence Anadolu (AA).
Les manifestants ont tenu le gouverneur Marmouri pour responsable de la médiocrité des conditions dans différents secteurs, depuis son entrée en fonction en mars 2019. Ils ont également appelé à son limogeage.
Les habitants de Jendouba ont souligné la nécessité « de parvenir à une réforme globale du secteur sanitaire dans le gouvernorat, ainsi que de fournir tous les équipements médicaux essentiels et d’améliorer les conditions de l'hôpital régional ».
L’activiste Sourour Chaouali a déclaré à l’Agence Anadolu (AA) lors de sa participation à la manifestation « ce n’est pas la première fois que nous protestons, l’accident de la mort du médecin a ravivé les revendications légitimes des citoyens, notamment, le développement social et un niveau de vie minimum ».
Et la manifestante d’affirmer que « Jendouba dispose du plus grand nombre de barrages d’eau en Tunisie, tandis que ses habitants ne trouvent pas de l’eau potable ».
Par ailleurs, Chedly Abidi, un autre activiste de la société civile, a signalé dans sa déclaration accordée à l’Agence Anadolu que « la protestation des habitants est le début d’un soulèvement pour répondre aux attentes du peuple négligées par les anciens gouvernements ».
« Je tiens pour responsables les autorités centrales et régionales pour ce qui se passe à Jendouba », a-t-il affirmé.
Abidi a également accusé le gouverneur de Jendouba « de travailler à mettre en œuvre des programmes servant les intérêts de certains et non pas ceux des habitants de la région qui ont de grandes capacités inexploitées ».
Les protestataires ont appelé aussi à « la libération de l’agent de maintenance arrêté dans le cadre de l’enquête sur l’accident de la mort du médecin, pour qu’il ne soit pas le bouc émissaire, pour faire taire ses collègues et les habitants de Jendouba ».
Le jeune médecin Badreddine Aloui (27 ans) est décédé dans la soirée du jeudi dans une chute d’ascenseur dans l’hôpital régional de Jendouba.
Le chef du gouvernement Hichem Mechichi, a visité, vendredi, l’hôpital en question où il a pu inspecter le lieu de l’accident.
Pendant cette visite, les citoyens tunisiens se sont rassemblés en appelant aux limogeages des responsables de la marginalisation de Jendouba et de la détérioration du secteur sanitaire dans la région.
*Traduit de l'Arabe par Hend Abdessamad