Malek Jomni
28 Novembre 2020•Mise à jour: 28 Novembre 2020
AA/ Tunisie
Le président de l'Assemblée des représentants du peuple (ARP), Rached Ghannouchi, a appelé samedi à un dialogue national global débouchant sur des solutions urgentes à la crise.
C'est ce qui ressort d'une allocution qu'il avait prononcée lors d'une plénière consacrée à l'examen du projet de loi de finances et du budget de l'État pour 2021.
L'appel de Ghannouchi fait suite aux tensions sociales auxquelles le pays est confronté , ainsi qu'aux demandes de développement et de création d'emploi dans plusieurs gouvernorats.
"J'invite tous les jeunes et les acteurs sociaux au dialogue afin de trouver des solutions urgentes qui répondent aux besoins vitaux." a-t-il déclaré, expliquant que ce dialogue, national, économique et social, réunit le gouvernement, le parlement, les organisations sociales et professionnelles ainsi que les partis politiques.
Et d'ajouter que ce dialogue est capable de freiner la crise et de mettre en place des réformes majeures, outre le fait que ce soit une besoin urgent.
Ghannouchi a souligné que cette initiative devrait principalement traiter les priorités socio-économiques et la manière de les réaliser, pour garantir la sécurité du pays, la réussite du processus démocratique et l'amélioration des conditions de vie.
Il a fait savoir que la légitimité des demandes était reconnue à l'unanimité, mais qu'il ne faut pas les exprimer d'une manière qui menace la paix civile, l'unité de l'Etat et la stabilité de ses institutions.
La situation économique du pays est, selon lui, critique et le montant de la dette pour l'année 2021 pourrait dépasser 19 milliards de dinars (7 milliards de dollars), en plus de la dette publique, qui a atteint 90% du produit intérieur brut. Ces indicateurs indiquent l'existence d'un déséquilibre sans précédent en Tunisie, d'après ses dires.
Le président de l'ARP a estimé que l'intelligence tunisienne a toutes les capacités pour solutionner la crise, et que sa créativité doit être libérée par une bonne volonté politique.
Et de poursuivre : "On nous confie le présent et l'avenir du pays, et il ne devrait pas se perdre dans des différends similaires qui n'aident pas le pays à se reconstruire".
Dernièrement en Tunisie, plus d'un secteur a été témoin de manifestations et de grèves revendiquant le droit au développement et l'amélioration de la situation financière notamment dans les régions de l'intérieur.
Il y a deux semaines, le gouvernement Mechichi est parvenu à un accord qui avait mis fin à la crise d'El Kamour et permis la réouverture des installations pétrolières dans le gouvernorat de Tataouine, au sud du pays, en échange de la création de centaines d'emplois pour les habitants de la région.
Ceci a, toutefois, créé des tensions sociales dans différentes régions de la Tunisie. Les chômeurs et les activistes sont sortis dans la rue, dans le cadre de mouvements de protestation, appelant à la création d'emploi et à l'amélioration de la situation socio-économiques.
*Traduit de l'arabe par Malèk Jomni