Majdi Ismail
14 Janvier 2021•Mise à jour: 14 Janvier 2021
AA / Tunis
Le Mouvement tunisien « Ennahdha » a fait part, mercredi, de sa « ferme condamnation du discours de violence et des flagrantes agressions, qui ont marqué les agissements de la présidente du Parti Destourien Libre (PDL), Abir Moussi.
C'est ce qui ressort d'un communiqué rendu public par le Mouvement « Ennahdha », et dont l’Agence Anadolu a eu copie.
« Alors que Samira Chaouachi, première vice-présidente du parlement, présidait une réunion en présence des chefs des blocs parlementaires, Abir Moussi l'a agressé verbalement et l'a empêché de poursuivre la réunion », lit-on dans le communiqué.
Ennahdha (54/217 députés) a condamné « le discours de violence et les flagrantes agressions qui ont marqué les agissements de Abir Moussi dans ses interventions, à chaque occasion et à chaque séance parlementaire », affirmant ainsi son « intention délibérée de porter atteinte au parlement, d’en bloquer l’action ainsi que le bon déroulement de ses structures et de ses commissions ».
« Ces agissements rétrogrades adoptés par la présidente du PDL (16 députés) visent à porter atteinte aux institutions de l'Etat et à dénaturer la glorieuse révolution tunisienne qui a fait chuter, et à jamais, le système d'oppression et de corruption », conclut le communiqué.
Abir Moussi avait affiché, à maintes reprises, son hostilité au soulèvement populaire qui avait renversé, en 2011, le régime du président de l'époque, Zine Abidine Ben Ali, (1987 - 2011), de même qu'elle a fait part de son inimitié constante au mouvement d'Ennahdha.
Ennahdha a fait part de son « entière solidarité avec Madame Samira Chaouachi, première vice-présidente du parlement, que tout le monde témoigne de l'esprit aigu de responsabilité dont elle fait preuve ».
Le Mouvement d'obédience islamique a appelé « l'ensemble des députés et tous les blocs parlementaires à condamner le discours de violence et les entraves de l'action parlementaire ainsi que tous les agissements irresponsables ».
Nombre de députés estiment que ce à quoi procède Abir Moussi, a pour but de fragiliser et de d'entraver l'action du parlement, présidé par Rached Ghannouchi, chef du Mouvement Ennahdha.
Le bloc du PDL avait observé, au mois de juillet dernier, un sit-in à l'intérieur de l'hémicycle pour réclamer le retrait de confiance de Rached Ghannouchi. Cependant, les députés ont renouvelé leur confiance en la personne de l'actuel président du Parlement tunisien.
Le même bloc avait organisé un sit-in au parlement, au mois de décembre 2019, sur fond d’altercations verbales avec des députés du bloc d'Ennahdha.
La Tunisie est considérée comme étant le seul pays qui a réussi sa transition démocratique parmi les autres Etats arabes qui ont connu, ce qui est communément appelé « Les Révolutions du Printemps arabe », dont l'Egypte, le Yémen, la Syrie et la Libye.
*Traduit de l'arabe par Hatem Kattou