Adil Essabiti,Qualid Filsde Mohamed Chine
29 Janvier 2019•Mise à jour: 30 Janvier 2019
AA/ Tunis
Le mouvement tunisien Ennahdha a démenti, mardi, avoir pris des mesures « secrètes» en vue des élections présidentielles prévues pour la fin de l'année 2019.
Le mouvement a confirmé qu'il n'avait pas encore décidé s'il désignerait un candidat pour le prochain scrutin au sein du mouvement ou s'il soutiendrait un candidat hors de ses rangs.
C’est ce qu’a déclaré à Anadolu Imed Khemiri, le porte-parole du mouvement (68 députés sur 217).
Plus tôt dans la journée, le journal arabe basé à Londres « Al-Arab » avait rapporté que le président tunisien Béji Caid Essebsi a déclaré qu’Ennahdha " soutiendra secrètement le Premier ministre Youssef Chahed lors des prochaines élections présidentielles".
A cet égard, le porte-parole d’Ennahdha a déclaré que « les positions de son mouvement sur toutes les questions concernant la Tunisie et les Tunisiens sont publiques », soulignant que le parti annonce publiquement les positions déterminées par ses institutions.
« Toutes les directives politiques du président d'Ennahdha (Rached Ghannouchi), depuis qu’il assume la responsabilité du leadership du mouvement, ont été publiquement annoncées. Le président du mouvement ne prend aucune décision secrètement, et ce quel que soit le sujet », a souligné le porte-parole.
"Dans tous les cas, que l’on soutienne un candidat issu du mouvement ou hors de ses rangs, cela se fera dans l’intérêt de notre peuple et de la démocratie émergente, et en réponse aux Tunisiens, qui considèrent Ennahdha comme l’un des fondements de la réussite du processus démocratique", a relevé Khemiri.
Au sujet des accusations concernant « l’organe secret » impliqués dans l’assassinat des leaders politiques Chokri Belaid et Mohamed Brahmi, le porte-parole a déclaré : "Nous avons répété à plusieurs reprises qu'il s'agit d'une allégation du Front populaire (coalition de gauche / 15 députés) et des institutions agissant pour son compte".
La partie accusatrice doit fournir les preuves de ce qu’elle avance et les présenter à la justice, a-t-il souligné.
Imed Khemiri a relevé qu’Ennahdha « est un mouvement attaché à l'Etat et à ses institutions et a confiance dans le système judiciaire, qui est soumis à de fortes pressions ».
Il a souligné que le mouvement "ne s'oppose pas à l'appel de Caid Essebsi en vue d’une enquête à ce sujet", notant qu’Ennahdha "a appelé à plusieurs reprises à ce que le pouvoir judiciaire reste le seul organe à enquêter sur cette question".
Dans un entretien publié par le journal arabe « al-Arabi » basé à Londres, le président tunisien a annoncé son soutien à l'enquête judiciaire en cours sur "l'appareil secret" que le mouvement Ennahdha est accusé d’avoir formé. "Le mouvement ne doit pas craindre cette enquête s'il n'a rien à cacher", a relevé Caid Essebsi.