Mourad Belhaj
07 Août 2020•Mise à jour: 07 Août 2020
AA / Tunis
Habib Khedher a annoncé sa démission du poste de chef de cabinet du président de l'Assemblée des représentants du peuple (ARP - Parlement), précisant avoir choisi de démissionner, notamment pour des raisons familiales et professionnelles et en coordination avec le président du parlement, Rached Ghannouchi.
Khedher a publié, vendredi, sa lettre de démission datée du 6 août sur sa page facebook, et qui a été acceptée par Ghannouchi le 7 août.
"S'il n'y avait pas de tensions au sein du parlement durant la première session ordinaire, j'aurais quitté mon poste bien avant", a-t-il affirmé, expliquant qu'il a préféré rester jusqu'à ce que la situation se stabilise.
Dans un post joint au texte de la démission, Khedher a estimé que le président de l'ARP a été, clairement, pris pour cible pendant cette session parlementaire, marquée, selon lui, par des sit-ins "ayant entravé la bonne marche de l'Assemblée".
"Des sit-ins qui, dans la plupart des cas, se déclenchent sans raison particulière, soulevant plusieurs questions à leur sujet", a-t-il précisé.
Et d'ajouter que plusieurs affaires ont été portées devant la justice administrative contre le bilan des travaux de certaines structures du parlement. La justice administrative n'a accepté aucune requête à défaut de caractère sérieux, a-t-il indiqué.
En mai dernier, le Bloc démocrate (38 députés du "courant démocrate", du "mouvement Echaab" et des indépendants) a déposé une plainte auprès du tribunal administratif contestant la délégation de signature accordée par Ghannouchi à son directeur de cabinet, Khedhr, mais le tribunal l'a récemment rejetée.
Kedher a, sur un autre plan, estimé que la crise de la pandémie de Covid-19 a exigé une autre vision de l’action parlementaire, ainsi que des structures et des mécanismes adaptés à ce nouveau contexte.
"Le parlement a eu une vision prospective de la situation et pris les décisions nécessaires pour continuer les travaux sans interruption malgré les tentatives de certains membres de l'opposition", s'est-il, toutefois, félicité.
Habib Khedher, dont la désignation au poste de chef de cabinet du président du parlement avait suscité une polémique au sein de l'ARP, a estimé que l'assemblée est parvenue, pendant la première session parlementaire, "à réaliser des chiffres parlants, qui reflètent les efforts déployés".
Khedher, né en 1971, est un ancien activiste estudiantin, avocat, titulaire d'un doctorat en droit et professeur d'université. Il est un des responsables du mouvement "Ennahda" (54 députés / 217).
*Traduit de l’Arabe par Mourad Belhaj