Adel Bin Ibrahim Bin Elhady Elthabti
05 Août 2021•Mise à jour: 05 Août 2021
AA/Tunis
Des associations tunisiennes ont appelé le Président Kaïs Saïed, à élaborer un plan d'action avec les forces civiles, lié aux échéances de la nouvelle phase, pour sortir de la « situation d’exception » qui prévaut dans le pays.
C'est ce qui ressort d'une déclaration conjointe publiée par le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), l'Association des magistrats tunisiens (AMT), l'Association tunisienne des jeunes avocats (ATJA), l'Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH), le Forum Tunisien des Droits Économiques et Sociaux (FTDES) et l'Association des Femmes Tunisiennes pour la Recherche sur le Développement (AFTURD).
La déclaration appelle Saïed, « à définir un plan d'action clair et précis selon un calendrier prédéfini, lié aux échéances de la nouvelle phase pour sortir de la situation d’exception », en y impliquant les forces civiles.
« Le plan d’action devrait aborder des questions urgentes, telles que la lutte contre le coronavirus, la révision de la loi électorale et du système politique, la prise de mesures urgentes et fortes pour lutter contre la corruption, la contrebande et l'évasion fiscale », précise la déclaration.
Les associations et syndicats signataires de la déclaration, ont annoncé « leur adhésion aux revendications légitimes du peuple tunisien, exprimées pendant ses mouvements pacifiques qui ont connu leur apogée le 25 juillet, après l'échec du pouvoir en place à trouver des solutions à la crise sanitaire, économique, sociale et politique ».
Les signataires ont mis l’accent sur « la nécessité de changer les politiques publiques impopulaires et inefficaces, et de revoir les choix économiques et sociales des 10 dernières années ayant conduit à l'aggravation de la crise économique, sociale et sanitaire dans le pays ».
La déclaration souligne « la nécessité de respecter le principe de séparation des pouvoirs et l'indépendance du pouvoir judiciaire, - en tant qu'autorité totalement indépendante des pouvoirs exécutif et législatif-, afin qu’il puisse remplir pleinement son rôle et d’œuvrer à hâter l'ouverture de tous les dossiers graves ».
Les associations et syndicats tunisiens ont également fait part de leur « rejet catégorique de toute voie influencée par la politique des axes et l'alignement à l'échelle internationale et régionale, et leur condamnation de l'ingérence des capitales étrangères (sans les nommer) dans les affaires intérieures tunisiennes ».
La Tunisie est en proie à une grave crise politique depuis que Saïed a décidé le 25 juillet de révoquer le Chef du gouvernement Hichem Mechichi, et de geler les pouvoirs du Parlement pour une durée de 30 jours, dans le cadre de mesures d’exception justifiées par la détérioration de la situation économique et l’incapacité de l’Exécutif à gérer la crise pandémique.
Certains partis politiques, dont le mouvement Ennahdha, ont considéré lesdites mesures comme un « coup d’Etat contre la Constitution », tandis que d'autres y ont été favorables, estimant qu'il s'agissait d'une « rectification du processus révolutionnaire ».
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail