Aymen Cemli,Soraya Hend Ben Mustapha
17 Décembre 2015•Mise à jour: 18 Décembre 2015
AA / Sidi Bouzid (Tunisie) / Aymen Cemli
La province de Sidi Bouzid, dans le centre de la Tunisie, célèbre ce jeudi le cinquième anniversaire du déclenchement de la révolution, qui a conduit à la chute du régime du président Zine El Abidine Ben Ali, moins d’un mois après.
Le 17 décembre 2010, Mohamed Bouazizi, un vendeur ambulant de légumes à Sidi Bouzid, s’immolait pas le feu devant le siège du gouvernorat, à la suite d’une dispute avec une policière municipale qui lui a confisqué son étal anarchique.
L’incident a déclenché la première étincelle d’une vague de protestations qui s’est propagée dans les autres provinces, et ont conduit à la fuite du président Ben Ali hors du pays, le 14 janvier 2011.
A l’entrée de la ville de Sidi Bouzid, où l’on est fier d’être «à l’origine de la révolution tunisienne», les drapeaux tunisiens et palestiniens ornent les rues et artères principales de la ville, la Palestine étant l’invité d’honneur des célébrations de cette année, qui ont pour Slogan: «Sidi Bouzid continue sa révolution».
Un poster de Bouazizi est accroché à l’endroit même où il s’est immolé par le feu, et des pancartes et bannières à la gloire de la «révolution du 17 décembre» sont accrochées partout dans la ville.
L’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT, principale centrale syndicale), a appelé mercredi les habitants de la province à décréter un jour férié local.
S’exprimant devant des milliers de personnes, Youssef Jelaïli, porte-parole du comité d’organisation du festival programmé pour l’occasion, a reproché aux trois présidents (République, gouvernement et parlement) de ne pas avoir fait le déplacement.
«Aujourd’hui, nous célébrons seuls la Révolution, en l’absence de l’Etat, qui continue de nous marginaliser», a-t-il dénoncé.
«Nous revendiquons une fête nationale le 17 décembre, notre requête a été notée, mais les décisions ne sont pas appliquées. Nous espérons que cela sera rattrapé dans les plus brefs délais», a-t-il lancé.
La ministre de la culture, Latifa Lakhdher, a posé à Sidi Bouzid, la première pierre d’un musée qui retrace le processus de la Révolution tunisienne, depuis l’acte désespéré de Bouazizi.