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21 Janvier 2023•Mise à jour: 21 Janvier 2023
AA / Tunis / Alaa Hamoudi
La justice militaire tunisienne a prononcé, ce vendredi, des peines de prison contre 5 anciens députés, mis en cause dans l'affaire que les médias qualifient de "l'incident de l'aéroport".
C’est ce qui ressort d'une publication partagée par maître Ines Harrath, avocate et membre du comité de défense des accusés, sur son compte Facebook.
Selon maître Harrath, la Cour d'appel militaire a émis un verdict lors d'une audience tenue aujourd’hui dans ce qu'on a appelé "l'affaire de l'aéroport" contre le président du bloc parlementaire de la Coalition Al Karama (18 sièges sur 217 dans le Parlement dissous), Seifeddine Makhlouf, et les anciens députés Nidal Saoudi, Meher Zid, Mohamed Affes, Abdellatif Aloui et l'avocat Mahdi Zagrouba.
Seifeddine Makhlouf écope d’un an et deux mois de réclusion avec effet immédiat, Mahdi Zagrouba a été condamné à 11 mois de prison avec effet immédiat et 5 ans d'interdiction d'exercer le droit.
L’avocate de la défense a ajouté : "Le tribunal militaire a également condamné les députés de la Coalition Al Karama, Nidal Saoudi, à 7 mois de prison, Meher Zid et Mohamed Affes à 5 mois de prison, et prononcé un non-lieu en faveur d'Abdellatif Aloui".
Dans une séquence vidéo, publiée son compte Facebook, maître Harrath a indiqué que "les verdicts sont définitifs et sans appel", les qualifiant de "cruels et injustes, d'autant plus qu'ils émanent d'un tribunal militaire".
"Nous continuerons notre lutte, et nous défendrons nos collègues avocats et représentants de la Coalition Al Karama, qui rejettent le coup d'État", a déclaré l’avocate sur le réseau social Facebook.
Le 15 mars 2021, l'aéroport international de Tunis-Carthage a été le théâtre d'une bagarre générale entre des agents de sécurité de l’aéroport, des avocats et des députés de la « Coalition Al Karam », après que ces derniers ont tenté de défendre une passagère, - fichée « S17 »-, qui a été empêchée de quitter le pays pour des raisons de sécurité.
À noter, que le système de fichage sécuritaire « S17 », est une directive sécuritaire qui a été adoptée à l'époque par l'ancien Président Zine El-Abidine Ben Ali (1987 -2011), pour stigmatiser (ficher) toutes les personnes soupçonnées d'avoir des liens avec des organisations terroristes.
En conséquence, le ministère public a autorisé l'ouverture d'une enquête sur l’incident survenu à l’aéroport Tunis-Carthage.
Les partis politiques tunisiens et les associations de défense des droits humains accusent le président tunisien, Kaïs Saïed, de cibler les opposants avec ses mesures d’exception, initiées depuis le 25 juillet 2021, ce que le gouvernement de Saïed dément.
* Traduit de l’arabe par Mounir Bennour.