Ekip
22 Juillet 2020•Mise à jour: 23 Juillet 2020
AA / Tunis / Yousra Ouannès
Le président tunisien, Kaïs Saïed, a avertit, mercredi, que l’armée affrontera avec fermeté tous ceux qui complotent avec l’étranger contre la légalité dans le pays.
C’est ce qui ressort d’un communiqué rendu public, mercredi, par la Présidence tunisienne, et dont l'Agence Anadolu a eu copie.
Ce communiqué a été diffusé à l’issue d’une visite effectuée par Saïed au siège du commandement des forces spéciales de l’armée dans la province de Bizerte (nord) et au siège du ministère de l’Intérieur dans la capitale Tunis.
« Quiconque comploterait contre l’Etat tunisien n’a pas sa place en son sein…les forces armées sont prêtes en tout temps et en tout lieu, et elles affronteront avec force toute partie qui s’attaquerait à l’Etat ou qui penserait même à violer la légalité », a-t-il, notamment, dit.
« Celui qui penserait violer la légalité, à l’intérieur du pays ou depuis l’extérieur, (doivent comprendre que) nos forces armées feront face à ces complots ourdis…notre héroïque armée nationale n’acceptera que la victoire ou le martyr et ripostera à toute agression visant la Tunisie en violant la légalité », a-t-il poursuivi.
« Celui qui pense pouvoir violer la légalité se doit de savoir qu’il se heurtera à un mur sur lequel se briseront ses illusions. Je connais bien les détails de ce qu’ils orchestrent, ce à quoi ils s’attèlent à faire et ce qu’ils disent dans leurs banquets et rencontres », a encore lancé le président tunisien.
« Le chaos qu’ils tentent de faire installer dans le pays sera déjouée, par la volonté et la résolution de l’armée, nonobstant les sacrifices consentis, … nous n’accepterons jamais qu’il y ait des agents qui complotent pour livrer la Tunisie au chaos », a-t-il poursuivi.
Ce n’est pas la première fois que le président Saïed évoque des complots ourdis contre son pays avec la collaboration de parties étrangères.
Lors de la commémoration de l’anniversaire de la révolution tunisienne, en décembre 2019, Kaïs Saïed avait déclaré qu’il « œuvrera, en dépit des manœuvres et des conspirations orchestrées dans les chambres obscures à réaliser les revendications du peuple tunisien ».
En juin dernier, il a dit : « il existe de nombreux indices sur des ingérences étrangères en Tunisie de la part de forces qui tentent de faire régresser la Tunisie, et il y a ceux qui ont voulu embrasser le rôle de complices de l’intérieur », sans pour autant livrer de détails à ce sujet.
La Tunisie a été le théâtre, au cours de la période écoulée, d’appels lancés sur les réseaux sociaux et d’actions de militants politiques devant le parlement réclamant la dissolution du parlement et la tenue d’élections anticipées, mais qui ont échoué.
Par ailleurs, le bloc du Parti Destourien Libre (PDL, 16/217), observe un sit-in au parlement depuis vendredi dernier, pour exiger le retrait de confiance du président de l’Assemblée, Rached Ghannouchi.
De nombreux députés estiment que ce qu’entreprend la présidente du bloc du PDL, Abir Moussi, vise à entraver et à fragiliser l’action du parlement, dans le but de porter atteinte à l’image de cette institution.
Il convient de noter que Abir Moussi avait annoncé, à maintes reprises, son hostilité à la révolution de 2011 qui avait renversé le régime de l’action président, Zine el Abidine Ben Ali, et affiché publiquement son inimité à l’endroit du Mouvement d’Ennahdha.
*Traduit de l’Arabe par Hatem Kattou